mercredi 13 février 2013

Incapacité créative et déclin des organisations


La disparition de la capacité créative comme cause du déclin des organisations


Publié le 6/01/2013  sur http://www.contrepoints.org/?p=110447

La disparition de la capacité créative permet d'expliquer le déclin de certaines entreprises.

Par Philippe Silberzahn.


La question toujours d’actualité de la dynamique d’innovation des entreprises se prête assez bien à un exercice auquel je souhaitais me livrer depuis pas mal de temps, celui d’essayer d’appliquer les théories de l’historien des civilisations Arnold Toynbee au monde de l’entreprise.

Toynbee est l’auteur fameux de L’Histoire, un livre monumental sur l’histoire des civilisations. L’ouvrage compte 6.000 pages. Heureusement, un universitaire a décidé d’en faire une version abrégée, qui vous permet de capturer l’essence de l’érudition et de la virtuosité de l’auteur en… 1.200 pages seulement. Que dit Toynbee ? Selon lui, une civilisation croît lorsque son élite suscite l’adhésion interne et externe grâce à sa capacité créative. Elle cesse de croître lorsqu’une cassure se produit et que cette élite cesse d’être créative et se transforme peu à peu en minorité dominante fonctionnant sur une logique de contrôle. Lorsque la logique passe de l’adhésion au contrôle, l’unité de la civilisation se brise et apparaissent deux types de prolétariat, c’est-à-dire deux groupes qui ne se sentent plus comme faisant partie du tout : un groupe interne (dissidence), et un groupe externe (les barbares). De manière intéressante, Toynbee observe que les effets de cette « cassure » ne sont pas visibles immédiatement : la civilisation peut continuer pendant assez longtemps sur sa lancée, en quelque sorte, bénéficiant même au contraire de l’efficacité résultant de la domination de l’élite.

Nous avons donc ainsi les trois points essentiels de la thèse de Toynbee :

1. La source du déclin (cassure) est la perte de capacité créative de l’élite.

2. Les effets de la cassure en termes de performance ne sont pas visibles immédiatement.

3. L’élite créative fait progressivement place à une élite dominante, c’est-à-dire que la civilisation passe d’une logique d’adhésion à une logique de contrôle.

Il est naturellement tentant d’essayer d’appliquer cette thèse à l’entreprise. Dans ce contexte, nous pouvons définir la capacité créative comme la capacité à introduire de nouveaux produits et services radicalement nouveaux avec succès (définis en termes de diffusion, de rentabilité, et de volume). La performance, elle, est définie en termes économiques classiques : chiffre d’affaire, bénéfice, rentabilité des capitaux. Si l’on place un certain nombre d’entreprises sur une grille formée à partir de ces deux dimensions, on obtient le diagramme suivant :




La partie 3 représente les entreprises qui sont créatives mais pas performantes. Typiquement les startups (elles ne sont pas encore performantes). La partie 2 représente les entreprises qui sont à la fois créatives et performantes, l’état idéal. La partie 1 est celle qui nous intéresse vraiment : elle représente les entreprises qui sont encore performantes, mais qui ont cessé d’être créatives. C’est par exemple selon moi le cas de Microsoft qui enregistre toujours des bénéfices records mais dont tous les nouveaux produits récents ont été des échecs (la plupart sont structurellement déficitaires et ne peuvent être maintenus que grâce aux bénéfices des anciens métiers de la société).

Le second point de la thèse de Toynbee concerne le délai qui existe entre la cassure et ses effets. À quoi, par exemple, peut-on attribuer le déclin de General Motors qui amène la société à la faillite en 2009 ? À l’augmentation du prix du pétrole en 2008 ? À l’invasion japonaise des années 70 ? Certains auteurs font en fait remonter la cause à une décision d’organisation prise par un nouveau PDG en… 1958. Cette année-là, les directeurs des différentes divisions de la société cessent de faire partie du comité exécutif, qui entérine donc une séparation entre le stratégique et l’opérationnel. Dès lors la stratégie s’élabore avec une connaissance décroissante du terrain tandis que le terrain n’est plus que le récipiendaire de décisions stratégiques inadaptées aux réalités du terrain : la dynamique créative et opérationnelle est brisée. De là datent les premiers échecs de la société. De même, Kodak aujourd’hui en faillite était la chérie de la bourse dans les années 90 au vu de ses excellentes performances financières alors même que son cœur de métier était en bout de course, un effet « supernova » en quelque sorte.

Le troisième point concerne la transformation de l’élite créative en élite dominante. Toute organisation en croissance doit mettre en place des systèmes de gestion qui structurent son activité. Ces systèmes rigidifient, par définition, le fonctionnement de la société qui les met en œuvre. En parallèle, la société recrute des cadres qui transforment peu à peu l’esprit entrepreneurial en esprit managérial. Ce phénomène s’accompagne également d’une conformité croissante aux standards institutionnels, notamment si la société est cotée en bourse : sensibilité aux recommandations des analystes, modes managériales, etc. La mise en place d’un système informatique comme SAP est en général un pas supplémentaire de rigidification. À court terme ces évolutions sont bénéfiques : l’entreprise est mieux gérée. À long terme cependant, la rigidification des systèmes et de la culture élimine peu à peu la capacité d’innovation. Je discutais récemment avec un cadre d’une grosse PME qui me décrivait avec une grande inquiétude comment l’esprit entrepreneurial disparaissait peu à peu dans son entreprise. L’innovation était désormais entièrement pilotée par les unités d’affaire – une garantie d’éviter tout innovation de rupture – et tout projet innovant devait désormais passer le barrage d’une présentation de cas avec projections financières précises. On sait naturellement qu’à ce jeu seules les innovations incrémentales peuvent passer. La capacité créative est étouffée par l’exigence – a priori rationnelle – de mesure et de prédictibilité.

On sait naturellement les limites de l’application d’une théorie d’un domaine à l’autre, mais cet exercice permet de mieux comprendre le phénomène du déclin d’une organisation si on l’analyse comme une perte de capacité créatrice.

Quelles peuvent être les causes d’un tél phénomène ? Peut-être dans les hommes qui sont recrutés dans les entreprises. Il est un article de foi enseigné dans toutes les écoles de commerce que les entrepreneurs doivent laisser rapidement la place à des managers professionnels dès lors que la firme a commencé à grandir. C’est hélas le plus sûr moyen de remplacer l’élite créative par une élite dominante. Au fond, la question que pose l’utilisation de la théorie de Toynbee dans le domaine de l’organisation est celle de la gouvernance de l’entreprise et surtout celle du recrutement de son élite dirigeante. Quels cadres voulons-nous pour que l’efficacité nécessaire ne rime pas avec cassure ? Au-delà, il s’agit de réfléchir à comment nous devons former ces cadres pour qu’ils ne soient pas des agents de domination et de contrôle, mais des agents de création au sein des entreprises qu’ils rejoignent. Henry Mintzberg, un de chercheurs en management les plus respectés, a depuis longtemps fait part de son scepticisme quant aux formations en gestion, notamment lorsqu’il remarque dans un article prémonitoire (« How productivity killed the american entreprise ») écrit en 2007 : « Un rapport de l’OCDE en 2005 notait un ‘déclin significatif’ dans l’intensité de la R&D américaine. L’Amérique a bâti son économie sur sa capacité à innover – à explorer. Les ingénieurs américains ont fait l’admiration du monde entier. En 2008, quand les MBA, les financiers et les juristes ont achevé de prendre le contrôle de l’industrie américaine, toute cette exploration s’est métamorphosée en exploitation. »

Clayton Christensen, autorité en matière d’innovation, partage cette analyse et estime par exemple que le déclin de Sony résulte du retrait dans les années 80 de son fondateur Morita, un ingénieur, et son remplacement par une armée de MBA rompus aux techniques du management conçu comme un moyen de contrôler son environnement. Il est peut-être temps de réfléchir sérieusement à la formation, à la sélection et au recrutement des cadres dirigeants de nos entreprises.

Note : sur l’exemple du déclin de Nokia, voir ma note Pourquoi Nokia a perdu. La perte de capacité créative (et le conflit de modèle économique) sont également la cause de la faillite de Kodak, voir mon billet sur Kodak ici. Voir également « Ce que Vaclav Havel nous enseigne sur le manque d’innovation dans les grandes entreprises ». Sur le cas de Microsoft, voir mon article (en anglais) dans Forbes « That’s all Folks – Why the writing is on the wall for Microsoft ».

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Sur le web

Lien raccourci: http://www.contrepoints.org/?p=110447


1. Paul B



Effectivement,on peut s'inquiéter de la perte progressive d'innovation et la mise en place progressive de nouvelles méthodes de contrôles proches de la tyrannie institutionnel...

Je commence à comprendre mieux maintenant pourquoi on evince des postes à haute direction les créatifs:ils ne correspondent pas aux corporations nouvelles avec une recherche de l'efficience,efficacité immédiate et ou l'actionnaire domine tel la noblesse sous le roi...

En fait le capitalisme actuel n'est plus libéral mais monarchique,aristochratique....



2. Nick de Cusa


J'ai peut-être tort, mais cette idée me fait venir à l'esprit l'exemple de Peugeot-Citroën.



3. Lebrun


Comme très souvent, c'est l’équilibre qui est délicat et subtile à trouver, là comme toujours c’est une histoire « d’hommes providentiels ». Seul, l’esprit créatif ne va pas loin, seul, le gestionnaire tenu aux résultats de fonds de pension non plus. Je recommande les ouvrages suivants, qui font partie des incontournables du sujet : de Geoffrey A. Moore, Crossing the chasm & Inside the Tornado, et Dealing whith darwin. Ensuite de Ikujiro Nonaka et Hirotaka Takeuchi : The Knwledge-Creating Company. Enfin, dans une entreprise il faut une certaine “spiritualité” pour obtenir un consensus efficace entre la nécessité d’être créatif et d’être financièrement efficace afin de répondre aux attentes exprimées ou tacite des clients qui sont les véritables patrons.


4. fraserve

Cela rappelle l'histoire de Pixar Disney. Dans les annés 1980, les cols bleus prennent le pouvoir chez Disney "pour ratinaliser". Des dessinateurs sont virés. L'un d'eux fonde Pixar avec un modèle entrièrement basé sur la créativité, qui dans les années 2000 rachète avec le succès la branche dessins animés de Disney en perte d'influence et de succès commercial, et vire les cols bleus... Pixar reprende le pouvoir et le succès commercial revient grâce aux créatifs et à Raiponce, fabuleux film d'animation Dysney (Pixar)...




5. deconomicon



Autre facteur de stérilisation créatrices : les hyper-rémunérations, dénoncées par plusieurs papes du management comme inadéquates pour stimuler la créativité.



6. Lafayette


1 month ago

J'aime beaucoup le placement d'apple à la place de samsung.

Sur le fond cette façon de voir a un coté positif.

Il montre que certains management ne sont que militaires.

Il montre aussi que le respect et la sagesse ne s'aquière pas par la force mais par l'expérience, les compétances et la réussite.

Il montre aussi qu'un cassure peut venir très rapidement quand il y a des managers qui n'hésitent pas de marcher sur les pieds de tous le monde, s'appropriant induement le bénéfice et créant ainsi le désordre.

Faut-il sauver les entreprises au détirement de ces cons ?



8. Olek



apple créatrice autre que dans le marketing ? vraiment ? On voit le sérieux du graph.


répondre


o Fergunilreplied:


Le marketing tient une place prépondérante dans notre société ... L'ignorer n'est que preuve d'ignorance


répondre


9. l'ordure



hmmm, je ne sais pas comment lire ce graph, quand je vois POLAROID non créatif, alors qu'on a aucun équivalent aujourd'hui, APPLE performant ? financièrement peut etre, créatif surement. MICROSOFT, la kinect est quand meme une belle création, leur tablette est pas mal pensée aussi. SAP....sans commentaire.
PHILIPS, semiconducteurs (NXP) oui, mais le reste ils sont au meme niveau que SONY.
Si c'est intemporel, on a le français THOMSON qui devrait apparaitre en créativité bonne et perf mauvaise ; pour les raisons évoquées dans l'article.
Bref, faudrait décoreller perf financière du reste, et savoir si c'est intemporel ou figé à maintenant, dans ce cas avec les exemples cités on aurait pas les mêmes résultats.


Certe, le succès n'est certainement pas intemporel pour une entreprise, c'est sûr, mais le graph ne le mentionne pas.
On pourrait croire que le graph est intemporel, car on y voit 4 fois APPLE à des dates différentes correspondant à des situations clés de l'entreprise, ce qui montrerait qu'on cherche à mettre en perspective une situation perf-créativité à un moment précis de la vie de la société (son meilleur moment, ou les retombés de son invention majeure) pour soutenir la théorie managériale mise en avant.
le meme graph fait apparaitre NESPRESSO, POLAROID, APPLE et GM, elles ont coexisté ensemble peut être, mais le positionnement sur le repère n'est pas fait selon des critères pris à la même date visiblement. Il faudrait détailler ces critères, sommairement pour comprendre l'illustration, sinon, on lis le livre.



o Lafayette replied:


Nespresso n'est qu'une réussite commerciale, comme apple, on y vend un produit existant sous une marque et un packaging. C'est du marketing , mais de là à confondre ceci avec de la capacité créative, je rigole, on ne peux pas faire de tous les produits de consommation des produits de luxe sous prétexte de créativité.




L'AUTEUR

A propos de Philippe Silberzahn :



Ancien entrepreneur, Philippe Silberzahn est professeur à EMLYON Business School et chercheur associé à l’École Polytechnique. Il écrit sur l’innovation, l’entrepreneuriat et la stratégie face à l’incertitude.



Autres articles du même auteur:



Néo-libéralisme(s) : une archéologie d'avenir ?
Recension de l'ouvrage de Serge Audier, Néo-libéralisme(s) – Une archéologie intellectuelle, Paris, Grasset, 2012, 628 pages
Publié le 22/05/2012

L’année zéro du libéralisme français
Politiquement, le libéralisme n’existe plus en France au sens où il ne pèse plus rien électoralement. Il doit donc cesser d’essayer d’être politique pour devenir culturel.
Publié le 30/08/2012


A

lundi 11 février 2013

Penser autrement avec Internet ?


Avec Internet et les écrans, mon cerveau a-t-il muté ?

DÉBAT | Lecture en diagonale, perte de concentration... le Net et les technologies numériques bousculent nos façons de penser. Faut-il s'en inquiéter ? Pas forcément. On vous explique pourquoi.


Le 09/02/2013 à 00h00

Repris de Marc Belpois - Télérama n° 3291

 illustration de Douglas Coupland
illustration de Douglas Coupland
Sur le mur d'une galerie d'art de Toronto, ce slogan : « Mon cerveau d'avant Internet me manque » (1). C'est drôle. Vaguement perturbant, aussi. L'œuvre, une impression de lettres capitales noires sur fond mauve signée Douglas Coupland (le romancier canadien, auteur de Génération X, est également artiste visuel), connaît un succès certain sur le Net, où on l'affiche comme un trait d'esprit doublé d'un trait de génie, une illumination.
« Mon cerveau d'avant Internet me manque » ? La formule exprime quelque chose que nous sommes nombreux à ressentir confusément. Et si les technologies numériques nous transformaient en profondeur, jusqu'à modeler notre fonctionnement cognitif ? La question est d'autant plus d'actualité qu'elle hante un épais rapport, L'Enfant et les écrans (2), de l'Académie des sciences, rendu public le 22 janvier dernier, consacré à l'impact des écrans sur les enfants. Alors, sommes-nous – comme aurait pu dire Richard Virenque – des mutants « à l'insu de notre plein gré » ?

Les pupilles baladeuses

Au Lutin (Laboratoire des usages en technologies de l'information numérique), à Paris, des chercheurs observent au plus près le lecteur du XXIe siècle en activité. Un appareil enregistre le mouvement de ses yeux lorsqu'il lit un texte sur l'écran d'un ordinateur, la succession des fixations, quand l'œil capte une information, et des saccades, quand l'œil se déplace. « Lorsque nous lisons un texte imprimé,explique Thierry Baccino, professeur de psychologie cognitive et maître des lieux, le mouvement oculaire est caractérisé par des fixations plus ou moins longues et de nombreux retours en arrière : on parle d'une lecture profonde et attentive. La lecture du Web, elle, n'est pas linéaire. C'est une lecture sélective de recherche d'information qui doit être rapide et efficace. »
Ainsi, sur écran, nous avons les pupilles baladeuses. Elles courent d'un paragraphe à l'autre, s'avisent furtivement de la nature de la bannière de pub qui clignote en haut et de l'hyperlien en bas à droite (intitulé « Valérie Trierweiler, encore une gaffe ! », c'est tentant...). Elles reviennent au document initial et plongent dans un hypertexte, soit une autre page Web qui enrichit notre compréhension. Ou l'affaiblit...L'hypertexte est assurément une invention formidable, ce peut être aussi une chausse-trape ouvrant sur d'autres pages tapissées de liens qui, de fil en aiguille, nous font perdre de vue l'objet originel de notre lecture. C'est ce que les scientifiques appellent la « désorientation cognitive ».
Sur la Toile, le cheminement de la pensée n'est pas contrôlé par l'auteur, mais par le lecteur. Or « il est paradoxalement beaucoup plus difficile de lire en ayant le choix du contenu », assure Thierry Baccino, pour qui la lecture hypertextuelle génère « une anxiété qui fait perdre jusqu'à 30 % de la force de travail ».
Comme le résume l'essayiste américain Nicholas Carr dans un livre remarquable (meilleur que son titre : Internet rend-il bête ? éd. Robert Laffont, 2011), « quand nous nous connectons en ligne, nous entrons dans un environnement qui favorise la lecture en diagonale, la pensée hâtive et distraite, et l'apprentissage super­ficiel. On peut très bien réfléchir en profondeur en surfant sur le Net, de même qu'on peut très bien réfléchir de façon super­ficielle en lisant un livre, mais ce n'est pas le type de réflexion que cette technologie favorise et récompense. »

Mon cerveau fait du jet-ski

De là à conclure que la culture numérique, propice au zapping, nous rend nous-mêmes superficiels, il y a un pas que Carr, vrai technophile au demeurant, franchit allégrement. « J'ai l'impression que le Net endommage ma capacité de concentration et de contemplation, écrit-il. Que je sois en ligne ou non, mon esprit compte maintenant avaler l'information telle que le Net la livre : dans un flot rapide de particules. Le plongeur qui, naguère, explorait l'océan des mots, en rase désormais la surface à la vitesse de l'éclair comme un adepte du jet-ski. »
« En échange des richesses du Net,
nous renonçons à notre bon vieux
processus de pensée linéaire. » 
Nicholas Carr, essayiste
Un sentiment personnel qu'au fil d'un ouvrage nourri d'études scientifiques il étend à l'humanité entière – du moins celle imbibée de technologie numérique. « Il semble que [...] nous soyons arrivés à un tournant majeur de notre histoire intellectuelle et culturelle, à une transition entre deux modes de pensée très différents. Ce à quoi nous renonçons en échange des richesses du Net [...], c'est à notre bon vieux processus de pensée linéaire. Calme, concentré et fermé aux distractions, l'esprit linéaire est marginalisé par un esprit d'un nouveau type qui aspire à recevoir et à diffuser par brefs à-coups une information décousue et souvent redondante — plus c'est rapide, mieux c'est. » Nous basculerions irrémédiablement dans autre chose, en somme. Un bond évolutif non pas droit devant, mais de côté. En plein dans une flaque boueuse.

J'apprends, donc je me reconfigure

Après tout, ce ne serait pas la première fois qu'une nouvelle technologie nous transforme en profondeur. Prenez l'invention de l'écriture, cet incroyable « booster » culturel qui a propulsé les hommes dans une autre dimension. A l'époque, il y a cinq mille ans, la reconnaissance des mots ne nous était pas naturelle. Elle ne l'est toujours pas, remarquez – à la différence du langage parlé, désormais inscrit dans nos gènes. Nous naissons avec le même cerveau que le chasseur-cueilleur d'il y a quelques dizaines de milliers d'années. Mais par la grâce de ce que les scientifiques nomment la « plasticité neuronale », notre joli petit bloc de matière grise est capable de s'adapter à des contextes nouveaux.
Nos connexions neuronales
se font et se défont
tout au long de notre existence.
A NeuroSpin, un centre d'imagerie cérébrale de l'Essonne, des chercheurs étudient l'acquisition de la lecture, à leur façon déconcertante : ils enfournent tour à tour dix enfants de 6 ans dans une IRM (« pas de panique, c'est sans danger ! »). Dix élèves de CP qui, en classe, découvrent la joie indicible de déchiffrer des lettres, des phrases, des contes. Tous les deux mois, des vues de leur cerveau immortalisent l'évolution de l'apprentissage – une zone fonce peu à peu dans la région occipito-temporale. Il s'agit de tenter de valider l'hypothèse du « recyclage neuronal » chère au neuro­scientifique Stanislas Dehaene, professeur au Collège de France et directeur du laboratoire : notre système cognitif détourne des fonctions dévolues à la reconnaissance des objets et des visages pour les ouvrir à la reconnaissance des symboles écrits. Bref, il fait du neuf avec du vieux.
Au-delà des mécanismes subtils qui s'opèrent lors de l'apprentissage de la lecture, une chose est sûre, notre cerveau se reconfigure en apprenant. C'est l'une des découvertes majeures de ces dernières décennies : nos connexions neuronales se font et se défont tout au long de notre existence au gré de certaines expériences.


<p>Illustration : Beb-Deum pour Télérama</p>
Illustration : Beb-Deum pour Télérama

Une meilleure attention visuelle ?

Et nos smartphones, tablettes, consoles de jeux, dont nous faisons un usage toujours plus intensif : modèlent-ils un peu, beaucoup, pas du tout, les cent milliards de neurones qui bouillonnent dans chacune de nos boîtes crâniennes ? Tout dépend de ce qu'on y fait. Dévorer Michel Houellebecq sur une liseuse réjouit nos synapses de la même manière que dans sa version imprimée. « Lire sur un ordinateur ou sur papier active les mêmes zones cérébrales, explique le professeur Thierry Baccino. Sauf que lorsque nous lisons sur écran, c'est essentiellement pour rechercher des informations. Or cette activité, souvent liée à la prise de décision, mobilise quant à elle les aires frontales du cerveau. »
Et cela a aussi ses avantages. De nombreux scientifiques louent certains apports cognitifs de nos écrans : l'amélioration des capacités d'attention visuelle, tout comme le développement de la pensée en réseau, circulaire et fonctionnant par analogies. Pour Olivier Houdé, professeur de psychologie cognitive et coauteur du rapport de l'Académie des sciences (2) , la pratique de certains jeux vidéo, quand elle est régulée, « apprend à rompre les habitudes mentales. Par exemple lorsque le joueur, pour réussir un nouveau niveau, doit oublier la stratégie gagnante qu'il a utilisée au niveau précédent ». Et d'ailleurs, selon lui, « tout porte à croire que, par ses capacités d'adaptation, le cerveau intégrera les outils numériques récents dans ses circuits neuroculturels, comme par le passé il a intégré lecture et écriture ».

Socrate contre Google

Mais à quel prix ? Au cœur de l'angoisse suscitée par la révolution numérique, il y a cette idée, vertigineuse : nous façonnons des outils, et ensuite ce sont eux qui nous façonnent. Ainsi, l'invention de la carte a jadis bouleversé notre perception de l'espace, qui s'étend désormais bien au-delà de ce que nous voyons. La création de l'horloge a chamboulé notre conception du temps, débité en tranches égales qui rythment nos journées. Et Internet ? Google cristallise à lui seul la menace d'un bouleversement profond de notre mémoire.
Publiée en juillet 2011 dans la revue Science, une étude américaine sur les moteurs de recherche démontre que l'on se souvient moins bien des informations que l'on sait pouvoir retrouver sur notre ordinateur que de l'endroit où elles sont stockées. Faut-il en conclure que, peu à peu, sans même en avoir conscience, nous déléguons notre savoir à des mémoires externes ? Transformons-nous notre propre mémoire, terreau de la maturation de la pensée, en simple index de nos connaissances ? Dans ce cas, il y a péril en la demeure !
Si Socrate était parmi nous, il prendrait l'affaire très au sérieux. Déjà, à son époque antique, le maître de la rhétorique s'inquiétait de la propagation de l'écriture, qui selon lui exposait les hommes au risque de s'assécher, de se « vider » de la culture. Il y a cinq cents ans, l'imprimerie de Gutenberg engendra des craintes semblables : ferons-nous encore l'effort de mémoriser le savoir dès lors qu'il se trouve dans les livres ? Avec le recul, évidemment, il est clair que l'écriture et la reproduction massive des ouvrages n'ont pas appauvri la pensée, bien au contraire.
« Dans notre univers hyperconnecté,
l'érudit a aujourd'hui nettement moins
d'utilité que le créatif » 
Etienne Koechlin, neurobiologiste
N'empêche. La facilité avec laquelle, d'un coup de smartphone, nous accédons à Wikipédia et à moult informations personnelles (dates de naissance des proches, numéros de téléphone...) repose de façon aiguë cette problématique de l'externalisation de la mémoire. Pour l'heure, nul ne peut présager de son impact réel sur le cerveau. Au moins peut-on déjà constater certains de ses effets sur notre société, telle la dévalorisation de la figure du savant au profit du chercheur. « Dans notre univers hyperconnecté, note le neurobiologiste Etienne Koech­lin, l'érudit, riche de connaissances, a aujourd'hui nettement moins d'utilité que le créatif. C'est ainsi, chaque technologie favorise un type d'individu plutôt qu'un autre. »

La culture par les écrans ?

C'est indiscutable, la révolution numérique reconfigure notre rapport au monde et aux autres, comme elle nous affecte au plus profond de nous-mêmes. « Les bienfaits d'Internet sont considérables », dit en souriant le neuropsychologue Francis Eustache, émerveillé par les formidables avancées scien­tifiques que favorisent l'accès aux publications et la communication entre les chercheurs d'un bout à l'autre de la planète. « Il ne faut pas avoir peur du progrès, mais il faut l'interroger. »
« Quand une technologie nouvelle
se met en place, elle est
toujours inhumaine. » 
Serge Tisseron, psychiatre
Que serons-nous demain ? Dans les plateaux de la balance, des apports et des pertes, une pile de questions et peu de réponses. Notre « bon vieux processus de pensée linéaire » est-il en passe de nous fausser compagnie, marquant là un tournant dramatique pour notre espèce ? Le psychiatre Serge Tisseron, coauteur du rapport de l'Académie des sciences, n'y croit guère. « La culture du livre ne disparaîtra pas, tout simplement parce qu'en inventant le livre l'être humain a créé quelque chose qui lui est fondamental : la pensée narrative, la mémoire événementielle, l'attention profonde... Quand une technologie nouvelle se met en place, elle est toujours inhumaine. Et puis elle s'adapte peu à peu à notre esprit, en même temps que l'esprit s'adapte à elle. L'opposition entre la culture du livre et la culture des écrans est probablement destinée à s'effacer derrière une culture "par les écrans", qui intégrera le meilleur de l'une et de l'autre. » Probablement. Croisons tout de même très fort les doigts, à nous en faire fumer les synapses.
> A lire aussi : Pas de DVD pour bébé !
(1) « I miss my pre-Internet brain », en VO.
(2) L'Enfant et les écrans, Un avis de l'Académie des sciences, de Jean-François Bach, Olivier Houdé, Pierre Léna et Serge Tisseron, éd. Le Pommier.

vendredi 8 février 2013

Robotiser la vérification des discours


Après les robots journalistes, voici les robots spécialistes du fact-checking

L'ACTU MÉDIAS / NET | Le fact-checking, c'est à la dire la vérification des affirmations des politiques, est devenu un genre journalistique à part entière. Aux Etats-Unis, on teste des robots pour faire ce travail en temps réel. Bonne ou mauvaise idée ?

Le 06/02/2013 à 00h00 - Mis à jour le 07/02/2013 à 09h42
Erwan Desplanques
repris de  http://www.telerama.fr/medias/
 Photomontage : TB, d'après  un ampère mètre .
Photomontage : TB, d'après un ampère mètre.


Imaginez une sorte d'appli Shazam pour la politique : vous pointez votre téléphone vers la télé ou la radio pendant qu'y blablate un ministre et vous savez instantanément s'il ment ou pas. Pas besoin d'imaginer, en fait : le Washington Postrôde ce concept depuis fin janvier. Son « Truth teller » (ou détecteur de mensonges) transcrit en temps réel les discours politiques et les compare automatiquement avec le stock de vérifications déjà effectuées par les journalistes de la maison. Un élu récidive avec un argument bidon à partir d'un chiffre erroné ? Hop : le mot « Faux » s'inscrit en lettres rouges sur votre téléphone ou votre tablette, avec un lien qui vous renvoie vers l'explication d'un rédacteur. Le prototype est en ligne. C'est un curieux outil, un « work in progress » souligne son promoteur, Cory Haik — sans doute LE fantasme ultime des adeptes du « fact checking »…

Cela fait des mois que la vérification des données bute sur la notion de temps réel. Pionnier de la rubrique Désintox de Libération, Cédric Mathiot met souvent deux ou trois jours pour invalider avec rigueur un exemple ou une démonstration politique. Il se méfie — à raison — du fact-checking pratiqué à la va-vite par ses émules (ou concurrents), avec des vérifications incomplètes, voire erronées.

Pendant le débat du second tour de la présidentielle, le Véritomètre d'Owni (hélas mis en veille depuis) a plutôt réussi son coup, avec des approximations intelligemment pointées en direct sur Twitter (François Hollande avait été jugé globalement plus crédible que Nicolas Sarkozy). Mais à la télévision, la pratique patine encore, avec des tentatives de contradiction peu probantes sur France 2 (Des Paroles et des actes) ou France 5 (C politique) — et des hommes ou femmes politiques qui finissent toujours par avoir le dernier mot (lire les réserves de Cédric Mathiot)

L'appli du Washington Post renouvelle donc le genre. Et pose de nouvelles questions : le logiciel de transcription vocale est-il suffisamment fiable ? A partir de quelle(s) base(s) de données leur robot opère-t-il ses vérifications ? Uniquement sur le site du journal ou sur n'importe quel site de données publiques (au risque de trouver deux chiffres divergents) ? De même, il suffira à l'élu de changer un mot de sa démonstration pour que celle-ci passe tous les filtres (lire sur ce sujet la bonne analyse de David Homes, de Pandodaily). « Si l'homme politique tient des propos ironiques, la machine ne le percevra pas. Elle ne peut remettre une citation dans son contexte. Encore moins l'interpréter », explique Franck Rebillard, professeur à la Sorbonne Nouvelle (Paris 3), spécialiste de la communication et des médias.

Cette expérimentation américaine pointe les limites de l'exercice. Sur le fond, le fact-checking vire de plus en plus à l'exercice de style, à l'ergotage sans pertinence politique. Et souffre, sur la forme, de cette mise en scène « vrai/faux » — « logique binaire qui reproduit celle du langage informatique », note Franck Rebillard. Le « Truth teller » n'est pas sans intérêt — retrouver automatiquement et instantanément une petite info dans le grand foutoir des données numériques (le fameux « big data ») — mais il est aussi « symptomatique de la technologisation de l'information, l'idée que le progrès informatique favorise nécessairement la transparence, l'accès à la vérité ».

La robotisation de l'info ? Cela fait des mois qu'on en parle, avec curiosité ou scepticisme. En 2010, l'entreprise américaine Narrative Science lançait son algorithme permettant d'écrire des articles sans intervention humaine, à partir de simples rapports financiers ou listes de résultats sportifs. Du « journalisme artificiel », qui transforme des graphiques en dépêches (le magazine Forbes utilise déjà cette technologie). « Dans 15 ans, 90% des articles seront écrits par des robots », continue de claironner le créateur de Narrative Science, affirmant même qu'une de ces machines « gagnera le prix Pulitzer d'ici cinq ans ». Pour décider de la mise en ligne des articles, les robots aussi peuvent jouer les réd-chefs, déterminer via différents calculs l'article qui fera la meilleure « home » (USA Today ou NBC se servent déjà des algorithmes de la société Visual Revenue).

Et pour modérer les dérapages dans les commentaires ? Là encore, une start up française, iosquare, propose un outil qui détecte automatiquement les messages négatifs, diffamatoires ou insultants, sans passer par le jugement d'un journaliste ou d'un modérateur. Une solution économique — déjà choisie par le site Newsring — mais qui ne fait pas forcément dans la dentelle ou le « cas par cas » (et laisse évidemment très perplexes les entreprises de modération comme Concileo ou Netino).

Robots rédacteurs, robots éditeurs, robots vérificateurs, robots censeurs, etc. En pleine crise de la presse, ces charmants joujoux de science-fiction font de moins en moins sourire (ou rêver) les journalistes qui y consacrent des articles dans leurs médias mutants.

Appel aux ingénieur(e)s



Ingénieur(e)s, la nouvelle industrie française a besoin de vous !


Par Daniel Benchimol, Président d'Eurogiciel* et du cluster Digital Place, Administrateur de Syntec Numérique | 24/01/2013,

Repris de http://www.latribune.fr/opinions/tribunes/

Pour relever le défi du renouveau industriel, l'Hexagone dispose d'un atout maitre : l'ingénieur français, modèle de formation généraliste qui s'exporte aujourd'hui jusqu'en Chine. Las, nombre d'ingénieurs français persistent à se détourner de l'industrie au profit d'une carrière dans les secteurs de la finance, du marketing, de la communication. Comment les retenir ? Une tribune de Daniel Benchimol, Président d'Eurogiciel* et du cluster Digital Place, Administrateur de Syntec Numérique.

Ouvrons les yeux. La troisième révolution industrielle, celle de la numérisation, vient d’avoir lieu, rebattant l’ensemble des cartes. Les façons de concevoir, de produire, de fabriquer et de commercialiser véhicules, avions, machines-outils et autres biens sont profondément impactées. L’impression 3D, permettant de fabriquer chez soi à l’unité toute sorte de petits objets, est l’une des expressions les plus visibles et frappantes de cette révolution. Dans un tel contexte, la distinction traditionnelle entre industrie et services a du plomb dans l’aile. Les nouvelles industries sont celles qui savent associer une offre de produits de haute technologie à des prestations de conseil et de services à forte valeur ajoutée. Au plus vite, l’industrie française doit se reconfigurer à l’aune de ce bouleversement technologique et structurel. Guy Mamou-Mani, Président de Syntec numérique, l’a dit avec justesse : « Le numérique est une industrie du futur et le futur de l’industrie ».

Dès lors, l’appel au retour sur notre sol d’une industrie lourde qui serait génératrice de milliers d’emplois ouvriers sonne comme une tentative essoufflée de retrouver une hégémonie passée. Ces incantations sont d’autant plus vaines qu’elles se font aux dépens de ces niches plus prometteuses et plus durables sur lesquelles nous devons désormais nous focaliser : édition de logiciels, robotique, domotique, internet des objets, etc. Ces nouvelles activités industrielles, et celles qu’il nous reste encore à inventer, sont créatrices d’emplois. Elles requièrent toutefois une main d’œuvre toujours plus qualifiée, capable d’innover et d’apporter une valeur ajoutée immédiatement perceptible par le client. Pour relever le défi du renouveau industriel, nous disposons d’un atout maitre : l’ingénieur français, modèle de formation généraliste qui s’exporte aujourd’hui jusqu’en Chine. Sachant s’adapter à des environnements pluridisciplinaires, l’ingénieur français est un acteur-clé de la puissance économique et du rayonnement français à l’international.

Nombre d’ingénieurs français persistent à se détourner de l’industrie au profit d’une carrière dans les secteurs de la finance, du marketing, de la communication

Mais le cocorico s’arrête là. Car le cri du coq pourrait devenir chant du cygne si nombre d’ingénieurs français persistent à se détourner de l’industrie au profit d’une carrière dans les secteurs de la finance, du marketing, de la communication, etc. Jugés plus « glamour » et certainement mieux rémunérés, offrant plus de visibilité, ils sont aussi, parfois, un recours pour des ingénieurs peu enclins à se soumettre aux exigences des métiers scientifiques et techniques. Bien sûr, le déficit d’attractivité dont souffrent les métiers de l’ingénierie en France est étroitement lié à la désindustrialisation subie ces deux dernières décennies : la concurrence des pays émergents est apparue, le tissu des PMI s'est désagrégé, et la prégnance du tertiaire a fait de la France une usine à produire… des présentations PowerPoint.


Conséquence de cette désaffection : l’industrie dans son ensemble, qu’elle soit nouvelle ou traditionnelle, peine aujourd’hui à recruter des ingénieurs confirmés et, dans une moindre mesure, des ingénieurs débutants. Est concernée au premier chef l’industrie du logiciel, qui s’arrache les jeunes diplômés de cette spécialité et se tourne parfois vers le Maghreb pour recruter. L’industrie aéronautique connaît le même essor et les mêmes difficultés. Les secteurs du nucléaire, des matériaux de construction et des énergies renouvelables ne sont pas en reste. Au « Pays des ingénieurs », et dans un contexte économique tendu, voilà une situation de pénurie pour le moins paradoxale, et qui devrait encore être accentuée par le départ à la retraite des baby-boomers. Mais la France n’est pas seule. L’ensemble des pays post-industriels est concerné. L'Allemagne, notamment, a récemment annoncé son souhait d’attirer 100 000 ingénieurs supplémentaires. Cette désertion est d’autant plus préoccupante que, dans le concert de la mondialisation, notre salut réside dans notre capacité à innover, améliorer nos produits et ainsi éviter l’écueil du « moyenne gamme ». Or, n’est-ce pas surtout du niveau d’implication et de la créativité de nos ingénieurs et techniciens que dépend la qualité finale du produit ?


Redorer l’image sérieusement écornée de l’industrie


D’abord, lancer des campagnes de communication pour redorer l’image sérieusement écornée de l’industrie. Il est vrai que certains de ses pans, tels le génie chimique et le textile, sont sinistrés, ce qui n’aide pas, c’est le moins que l’on puisse dire, à susciter des vocations. Toutefois, il est des secteurs industriels dynamiques - électronique, robotique, aéronautique, nucléaire, énergies traditionnelles - que l’on ne promeut pas assez. Doivent y travailler les groupes industriels eux-mêmes, mais aussi tous les acteurs d’un écosystème regroupant Etat, Collectivités locales, Fédérations professionnelles, Universités et Ecoles d’ingénieurs. Avec un premier argument qui devrait faire mouche : ces secteurs recrutent. L’on peut aussi insister sur la noblesse qui réside dans l’action de créer, de fabriquer, de bâtir. En ce sens, pourquoi également ne pas remettre au goût du jour, au pays de Papin et des frères Montgolfier, de Braille et de Moreno, le terme devenu quelque peu désuet, et pourtant si évocateur, d’ « inventeur » ?

Ensuite, qu’elle soit nouvelle ou traditionnelle, l’industrie doit mieux rétribuer les métiers de l’ingénierie sous peine de voir se détourner à son détriment un nombre toujours plus important de jeunes ingénieurs. C’est aussi la condition pour enrayer la fuite de nos cerveaux à l’étranger, notamment aux Etats-Unis, où l’on sait récompenser un haut niveau de savoir dans une discipline donnée. Certes, le coût du travail est déjà très élevé en France… Mais il faut baisser les coûts salariaux sans baisser les salaires eux-mêmes !

Offrons leur plus de reconnaissance sociale et valorisons leurs métiers

Enfin, les Ecoles d’ingénieurs doivent accélérer leur transformation, renforcer encore leur proximité avec le nouveau monde industriel pour répondre plus rapidement aux besoins que celui-ci exprime. D’abord, en adaptant les contenus pédagogiques. Selon l’Agence d’évaluation de la recherche et de l’enseignement supérieur (Aeres), les formations généralistes proposées par les Ecoles ne prépareraient pas assez les étudiants à la pratique réelle du métier. Les élèves ingénieurs français consacreraient ainsi 22% de leur temps à se spécialiser contre 47% dans le système anglo-saxon. Il est notamment urgent de proposer plus d’offres de formations spécialisées dans l’informatique, secteur dans lequel nous manquons cruellement de compétences. Un premier bon pas vient d’être fait en ce sens puisqu’en cette rentrée, l’informatique et les sciences du numérique (ISN) devient un nouvel enseignement proposé en option aux élèves de terminale S dans 700 lycées. De plus, dès à présent, pensons aux métiers du futur, proposons une vision pour ne pas être confrontés de nouveau à la situation de pénurie que nous vivons aujourd’hui.

Pour permettre au pays de relever le défi de la reconquête industrielle, les ingénieurs français doivent pleinement assumer leur rôle. De notre côté, offrons leur plus de reconnaissance sociale et valorisons leurs métiers. Car de leur implication totale dans chaque filière industrielle dépendent les nouvelles ruptures technologiques et le gain des marchés-clé du 21e siècle.


 * Eurogiciel est une ETI française comptant 1 000 collaborateurs. Architecte et développeur de systèmes avioniques complexes, Eurogiciel propose une expertise en ingénierie systèmes et logiciel temps réel embarqué à haute criticité. Eurogiciel assure aussi des missions de conseil en management de projets et management de la qualité.


 et au passage ... a écrit le 02/02/2013 à 15:40 :
pourquoi un article dépassant maintenant les 100 contributions n'apparaît-t-il pas parmi les articles les plus commentés à gauche de l'écran ? La fonctionnalité a peut-être été développée par un stagiaire d'Eurogiciel, qui sait...
toto a répondu le 03/02/2013 à 18:30:
Le "Viandisme" des SII, l'ingé jetable payé au smic, la misère sociale, le chômage, etc... sont des sujets trop brûlants pour qu'on en parle sans arrêt...(il faut donc retirer de la circulation les articles "sensibles") Alors on abruti le peuple avec ... le mariage gay! En veux tu en voilà! (çà ne mange pas de pain et çà peut rendre populaire malgré la misère ambiante) Et aussi la victoire du "soldat hollande" au mali! Mais surtout ne pas dire que la France est en faillite, que la misère va augmenter, que les retraites ne seront plus versées, que bientôt on vivra dans des 1m2, çà ne serait pas "vendeur"...
 
 BernardMa a écrit le 30/01/2013 à 12:32 :
Même constat pour moi et pas que l'informatique ! Ma ptite pme industrielle, recherche ingé désespérement mais pas d'ingé en vue !!!
Vieux_de_40_ans a répondu le 30/01/2013 à 14:28:
C'est comme d'hab: SSI ou PME recherche BAC+5 - 20 ans d'expérience, payé au SMIC , mais pas plus de 25 ans ................................................................... C'est le dialogue de sourds.......................................
BernardMa a répondu le 01/02/2013 à 16:17:
Je peux vous dire que j'offre bien plus que le smic et que je trouve pas d'ingés quand meme pour ma boite Attractivité de l a région en cause ? à mon avis c'est plus ça le pb...
Vieux_de_40_ans a répondu le 01/02/2013 à 17:10:
Je reconnais avoir "chargé" un peu.... Un point contre moi: je suis bloqué géographiquement pour raison familiale.... Mes propos concernent la ville ou je suis, ou je survis, ville où la discrimination est légion et acceptée par tous faute de mieux. Sans doute l'offre et la demande: les recruteurs n'ont qu'à se baisser pour ramasser un ingénieur, du coup, ils se croient tout permis........ Si j'étais mobile, bien évidemment je serai parti de ce trou à ras (je tairai le nom de la ville pour préserver mon anonymat) Il y a au moins un employeur honnête et "humain" en france, pas comme ces SII Viandardes et ces fameuses entreprises du CAC 40 ou le patron dit à ses cadres de ne pas s'augmenter alors que lui fait l'inverse (Carlos G.)....
 
 Cebononacompris a écrit le 29/01/2013 à 01:55 :
Sous l'apparence d'un discours oriente vers le futur de la Nation et de ses enfants, ce monsieur fait du lobbying, comme tous ses confrères, contre la pénurie de soutiers qui lui permettront de marger grassement sur les TJM (taux journalier moyen) et de continuer à permettre aux grandes entreprises françaises de ranger les couts de cette masse salariale déguisée dans la bonne case comptable. JEUNES DIPLÔMÉS: FUYEZ CES SSII et montez vos boîtes! Il est la le vrai salut du Pays!
 
 JCO a écrit le 28/01/2013 à 14:04 :
l?industrie doit mieux rétribuer les métiers de l?ingénierie sous peine de voir se détourner à son détriment un nombre toujours plus important de jeunes ingénieurs. Cette phrase est un gag à elle toute seule.
 
 Ingé_de_35_ans a écrit le 28/01/2013 à 09:37 :
Il faut se poser la question de ce que devient un pays où l'on paye mieux un mec qui revend des contrats d'assurance qu'un mec qui construit des ponts ou des fusées... Merci M. Benchimol de faire le bilan d'une situation que vous avez contribué à créer, par contre, ayez la décence de ne pas paraitre effarouché et triste, s'il vous plait.
 
 seudo a écrit le 28/01/2013 à 01:34 :
?"Les effectifs engagés (par la France) sur le sol malien atteignent désormais 2.900 hommes, tandis que les contingents africains de la Misma et du Tchad totalisent plus de 2.700 militaires", précise le ministère de la Défense. Ibrahim Ag Mohamed Assaleh, porte-parole du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA), le mouvement touareg dont la rébellion séparatiste dans le nord du pays a été évincée par des groupes islamistes, a proposé aux forces françaises l'aide de ses combattants, particulièrement habitués au désert. Il a déclaré à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, que le MNLA était prêt à attaquer les forces liées à Al Qaïda, qui se cachent selon lui dans les montagnes de Tidmane et Tigharghar, dans la région de Kidal, à la frontière avec l'Algérie. "Le MNLA est en alerte maximale", a-t-il dit. Et le syntec aussi, notre rédaction a eu vent d'une réaction de Daniel Benchimol en scoop ! ; "Cette situation n'est plus tenable ! Eurogiciel ne peut plus faire face à cette pénurie de missions sur bamako qui est quand même notre moteur de licenciement pour cause ni réelle ni sérieuse !" Ceci pour annoncer la participation du groupe Eurogiciel à l'appui des forces françaises pour absolument reprendre bamako. Eurogiciel qui est une ETI française comptant 1 000 collaborateurs. Architecte et développeur de systèmes avioniques complexes, Eurogiciel propose une expertise en ingénierie systèmes et logiciel temps réel embarqué à haute criticité. Eurogiciel assure aussi des missions de conseil en management de projets et management de la qualité. assure un commercial SSII Eurogiciel qui a tenu à garder l'anonymat : emmanuel neuneu, "on y arrive plus, il faut reprendre bamako, c'est notre fer de lance" "les propositions de missions fictives je m'y connais mais sans bamako comment faire du chiffre ?" d'une chef projet voulant garder l'anonymat : "heureusement que notre pdg entretiens de relations privilégiées avec Mr Ibrahim Ag Mohamed Assaleh de puis la plus tendre enfance sinon il y aurait fort à parier que notre ssii en carton ne soit plus dans le TopTaine depuis longtemps"
 
 muncibulaire a écrit le 28/01/2013 à 00:40 :
mais rassurez vous, eurogiciel va bientôt pouvoir vous trouver du travail à tombouctou http://fr.news.yahoo.com/les-forces-franco-maliennes-aux-portes-tombouctou-123903338.html
 
 Xzoky a écrit le 27/01/2013 à 21:34 depuis un Iphone :
Dans mon école (master d'informatique), les jeunes diplômés sont embauchés à 28,000? par an en Province, 33,000? à Paris. J'ai choisi de venir vivre en Californie, ou les mêmes jeunes diplômés commencent à $100,000. C'est ça, valoriser le savoir-faire. Si l'industrie française veut garder ses ingénieurs, il faudrait d'abord commencer par les payer correctement. En attendant, je n'ai qu'un conseil à donner aux jeunes ingénieurs talentueux : cassez-vous ! Venez, les gens vous veulent ici, et en plus il fait beau :)
lol a répondu le 28/01/2013 à 01:52:
Quelles boites
LOU a répondu le 28/01/2013 à 06:50:
@Xzoky : ce que vous avancez ,'est malheureusement pas vrai : la plupart des étudiants ne trouvent pas de job aux USA à l'issu de leurs études! Les américains veulent de l'expérience et refusent les nouveaux diplômes.
bob a répondu le 28/01/2013 à 11:04:
Facebook stage de 4000?/mois : http://www.gizmodo.fr/2012/12/17/stagiaire-facebook.html
 
 Eloi a écrit le 27/01/2013 à 20:45 :
des politiques qui s'en foutent de l'industrie, des patrons des grands groupes issus du sérail politique et donc pas très bons managers et pas très concernés par les domaines techniques et scientifiques et voilà le travail ! une descente aux enfers dont les concernés ci dessus se foutent également pourvu que la carrière avance.
 
 Antonin a écrit le 27/01/2013 à 19:59 :
Arrêtons de nous voiler la face, les ingénieurs sont aujourd'hui des travailleurs précaires qui ne sont recrutés aujourd'hui que par des SSII et revendus, à la journée en tant que prestataire, à des entreprises utilisatrices . Aucune plus value technique n'est apporté par ces SSII, si ce n'est qu'elle permettent aux entreprises utilisatrices de virer du jour au lendemain ces prestataires et de ne pas leur faire appliquer la meme convention qu'au reste de leur entreprises. Au final, au sein de l'entreprise utilisatrice, où il travaillent tous les jours ils sont vus comme des employés de secondes zones (pas de CE, prix de cantine forte, aucune protection sociale, pas de bonus indexé au résultat de l'entreprise utilisatrice) En bref, ils sont revendus comme de la viande technique. C'est illégal comme manoeuvre, mais la norme dans notre secteur. Ce n'est plus mon cas, je suis chef de projet en interne dans une entreprise et je suis désolé de voir que les secrétaires ont un BEP, un job fixe pas trop mal payé et des ingénieurs compétents à peine mieux payé, pouvant être virés si le café du matin n'est pas bon! Il faut que ces entreprises utilisatrice arrêtent ce montage crapuleux et que les SSII arrêtent d?être leurs complices. Ce système tue l'ingénierie française!
lol a répondu le 28/01/2013 à 01:53:
Normal, les ingénieurs se laissent faire, et acceptent tout et n'importe quoi. Mais ont ils le choix ? Aucun, alors le systeme est bloqué.
 
 LaVieEnVert a écrit le 27/01/2013 à 15:05 :
Après avoir parcouru les commentaires : (1) "remplacer les ouvriers par des ingénieurs" ne veut ni dire qu'on va former les ouvrier pour qu'ils montent eux-mêmes en compétences, ni dire qu'on va augmenter les salaires de la main d'oeuvre. On veut simplement des ingénieurs, parce que les métiers sont complexes, au tarif des ouvriers, et même moins si possible. (2) les métiers manuels de la production ont du mal à recruter (chaudronnerie par exemple), c'est un vrai problème, car l'intelligence pratique ne peut être compensée par une suite indéfinie de calculs. Le calcul ne fonctionne jamais mieux que dans le virtuel. L'ingénieur les mains dans le cambouis, c'est quand même un métier de rêve pour les passionnés. (3) Dans les écoles d'ingénieur, les promos sont divisées entre les étudiants qui ont une vision terre à terre de leur "carrière" et planifient déjà leur passage en société de conseil puis s'orienteront vers la finance pour devenir dirigeant, et ceux qui rêvent de "faire", en passant par les laboratoires, en poursuivant l'innovation. Les premiers ne sont pas frocément curieux de ce qui se passe autour d'eux, mais viseront les secteurs qui recrutent avec les meilleurs salaires, les deuxièmes trouveront des compensations intellectuelles, voire oniriques, à leur faible salaire, en travaillant à créer passionément le futur. Que faut-il dire aux étudiants ingénieurs ? Poursuivez votre rêve ? ou poursuivez votre emploi ?
 
 Baltazar a écrit le 27/01/2013 à 13:41 :
Si ce Monsieur croit vraiment en l'industrie, qu'il crée une startup industrielle au lieu de vendre des journées d'ingénieur à bas coût.
 
 Régis92 a écrit le 27/01/2013 à 09:47 :
"Ingénieur(e)s, la nouvelle industrie française a besoin de vous"... MAIS PAS LE SYNTEC : LAISSEZ NOUS ENTRE FINANCIERS, COMMERCIAUX et MARKETEURS ! A lire absolument : http://munci.org/Syntec-Cigref-mais-ou-sont-passes-les-ingenieurs
 
 nicO a écrit le 26/01/2013 à 22:39 depuis un Iphone :
En ce qui me concerne, je suis parti à l'étranger parce qu'on m'y a fait plus confiance qu'en France (gros projets, meilleurs salaires et management directement). Je suis des Mines pour info, et je ne suis pas un cas isolé : je pense qu'il faut se donner les moyens de l'excellence. Donc proposez-moi pareil en France et j'accepte !
 
 Julien a écrit le 26/01/2013 à 20:28 depuis un Iphone :
Je suis d'accord avec le constat de base de cet article: nos professions techniques ne sont pas assez valorisées! Étant ingénieur diplômé de deux des plus grandes écoles françaises, centrale Paris et supelec pour ne pas les nommer, je ne partage pas entierement la vision du rédacteur de l'article, et je pense parler en connaissances de causes. Tout d'abord, spécialiser l'enseignement dans nos écoles d'ingénieurs serait une grande erreur, c'est la polyvalence et la capacité d'adaptation qui fait la force de l'ingénieur français et assure sa capacité d'innovation. En revanche le système pourrait mettre l'accent sur la mise en pratique des compétences acquises,..., quand on pense qu'en 5 ans d'études ( je compte mes années de classes préparatoires), je n'ai effectué que 9 mois de stages en entreprise. Un second point qui me paraît important, réside aussi dans l'incapacité du secteur industriel "francais" à valoriser ses talents et à adopter son modèle d'évolution de carrières à la vitesse du monde actuel. Ayant travaillé plusieurs années dans de grands groupes industriels, je me suis souvent entendu dire, "tu as de très bonnes idées, mais tu veux aller trop vite, les plus seniors doivent passer avant toi", rien de plus désespérant pour un jeune talentueux..., et surtout rien de plus ridicule, valorisons les talents! Pas dans l'ancienneté! Enfin, ayant quitté le monde industriel pour le monde des sociétés de conseils, je ne partage absolument pas le constat de l'auteur qui consiste à denigrer leur importance! Je réalise effectivement des "powerpoints" comme dit l'auteur assez sarcastiquement mais l'intérêt ne réside pas dans le PowerPoint mais dans le changement organisationnel/stratégique ou autre qui en résulte pour l'entreprise à laquelle je le propose. Cela devant lui assurer une meilleure adaptation à son contexte économique, et lui permettre de dégager de la valeur et de créer de l'emploi. L'industrie du conseil, doit permettre au reste de l'économie de s'adapter, je dirais même qu'en France cette industrie n'est pas assez développée! Signé: un jeune ingénieur, amoureux de la France et bien triste la voir ne pas réussir à s'adapter.
 
 yvan a écrit le 26/01/2013 à 19:36 :
Au cas où cela aurait été évoqué plus bas, pardon. Là, je lis un article qui passe subitement du numérique à l'ouvrier ... Tout ça parce que le nouveau saint-graal est l'impression 3D...?? Il vend quoi, le gars qui a pondu cela..??
Leo a répondu le 27/01/2013 à 10:31:
Eurogiciel est une ETI française comptant 1 000 collaborateurs. Architecte et développeur de systèmes avioniques complexes, Eurogiciel propose une expertise en ingénierie systèmes et logiciel temps réel embarqué à haute criticité. Eurogiciel assure aussi des missions de conseil en management de projets et management de la qualité.
yiyi a répondu le 27/01/2013 à 21:48:
il vend de la viande à la journée à bas coûts
 
 Ingé 2000 a écrit le 26/01/2013 à 18:33 :
Voilà ce qui attend 90% des ingénieurs dans l'"industrie", où l'essentiel du travail réel est réalisé par des prestataires: http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/114000092/0000.pdf Alors forcément, cela motive à se planquer dans une banque ou dans la finance de marché
 
 johnmckagan a écrit le 26/01/2013 à 17:11 :
Beaucoup d'anciens copains de lycée ont fait des écoles de commerce et ont maintenant des postes très bien payés. Or au lycée, ils étaient médiocres dans toutes les disciplines (désolé les potes), mauvais en maths, la première année après le bac a souvent été ratée. Les parents friqués ont aligné l'argent pour une école privé, les relations ont fait le reste. Évidemment quand on se casse le ... à faire prépa scientifique puis école d'ingénieur, on finit par être frustré que des gens qui n'ont leur poste que grâce à leur réseau (et donc souvent incompétent) puissent se permettre de mépriser le technique. Pendant ce temps à l'étranger, on nous déroule le tapis rouge...
 
 L'Ingenierie en France (?) a écrit le 26/01/2013 à 16:16 :
C'est en effet "effarant" ces pseudos "conseil en technologie" et dans le bâtiment, les ingénieurs se font piquer leur travail et leur rémunération par des architectes qui ne comprennent absolument rien à la technique (lire l'excellent "Gérard de l'Architecture" sur le Web) et Syntec dans tout çà ??... ne bouge pas, bien au contraire. Le problème est que celà touche les fondamentaux de la société française, tout comme l'éducation et, ne pas maîtriser c'est se mettre sous tutelle ....Agissons Amis Ingénieurs !!!
 
 François a écrit le 26/01/2013 à 14:51 :
L?auteur de l?article fait partie des fossoyeurs des métiers d?ingénieur et de scientifique, ces responsables de SSII et autres sociétés de « conseil technologique » qui, tout en demandant que notre système d?enseignement supérieur forme de plus en plus d?ingénieurs et de scientifiques, contribuent en fait à tarir les vocations. Je me permets de citer une recommandation que j?ai faite dans une note diffusée à un certain nombre de responsables, auprès desquels je trouve malheureusement peu d?écho car les sociétés en question cotisent à des organismes professionnels, financent des chaires dans les écoles, insistent auprès des pouvoirs publics sur le fait qu?elles « créent de l?emploi », etc. Recommandation : « Inciter les sociétés industrielles à reconnaître l?importance de leurs ingénieurs et scientifiques : - en leur proposant des contrats d?emploi directs offrant des conditions (salaire, classification) et des perspectives de carrières au moins égales à celles de leurs autres salariés et compétitives avec celles d?autres secteurs d?activités (banque, assurance, conseil), - en obligeant ces sociétés à ne recourir à l?utilisation des sociétés dites de « conseil technologique » qu?en cas de besoins ponctuels et de durée limitée, - en luttant contre les dérives dans l?utilisation de ces sociétés de « conseil technologique », dont le très fort développement récent (qui les amène en particulier à recruter une proportion importante des nouveaux diplômés) est en grande partie basé sur des « missions » qui ne sont en fait que du détachement de personnel de longue durée dont un des buts principaux est le report sur d?autres du risque lié à toute embauche directe. Ce système entraîne une très grave dégradation de l?image de l?ingénieur ou du cadre technique qui se trouve alors réduit à un rôle d? « ouvrier intellectuel » facturé au mois de présence chez l?utilisateur industriel final. »
TD a répondu le 02/02/2013 à 15:34:
exactement ! la situation est parfaitement résumée.
 
 Keizer a écrit le 26/01/2013 à 14:47 depuis un Iphone :
Moi je suis ingenieur, en chine, mais je suis prof au college francais de shanghai..
 
 robur a écrit le 26/01/2013 à 14:12 :
des responsabilités énormes, un boulot monstre, et......une fiche de paye plus que minable! quand aux généralistes...ils sont rares car soi disant trop vieux.
 
 vieux a écrit le 26/01/2013 à 10:51 :
viel ingé de 70 ans, aprés avoir lu tous vos commentaires, je confirme vos expériences, en France il n'y a pas de probléme d'ingénieurs, il y a un probléme de dirigeants (patrons) obnubilés par le fric immédiat, du cash, du cash, du cash, j'ai même giflé le dernier, il se reconnaitra s'il me lit, un problème de dirigeants....
actionnaires et dirigeants...même combat a répondu le 26/01/2013 à 13:50:
100% ok. Cependant ce sont les actionnaires qui sont les initiateurs de cet état de fait. Les dirigeants les ont suivi dans l'intérêt unique de leur carrière à court terme....
 
 GM a écrit le 26/01/2013 à 09:42 :
M. Benchimol, on dirait que vous avez un peu de boulot pour convaincre les ingés que vous faites partie de la solution, manifestement, vous ne les avez pas totalement convaincu :-)
 
 Georges a écrit le 26/01/2013 à 09:21 :
Pourquoi persister ?
 
 ingénautique a écrit le 26/01/2013 à 08:40 :
Je suis ingénieur dans une grande entreprise qui se veut "industrielle". Embauché il y a 3 ans pour faire un peu de technique, aujourd'hui, si j'ose demander à "mettre les mains dans le cambouis", mon chef me dit: "Rédige un appel d'offre pour choisir un sous-traitant pour faire ce boulot là"...autrement dit, le "sale boulot". Si c'est pour faire du powerpoint le reste de ma vie, autant en faire là où ça paie plus: dans une banque!
 
 Mustang a écrit le 26/01/2013 à 04:45 :
Ils y a encore une industrie en france? Personnellement, j'ai passer 7 ans a former des ingenieurs indiens, via mail, visio conference et autres au metier de cad designer pour l'industrie automobile. C'etait pas un choix, simplement une obligation inscrite dans les contrat de renault et peugeot. Selon eux, 30% minimum d'un projet doit etre delocaliser dans un pays low cost. Je dis bien 30%, car parfois c'est 95%. Les 5% qui reste, c'est de l'ingenierie commerciale pour vous vendre du made in turquie avec une etiquette made in france.
arno a répondu le 27/01/2013 à 12:20:
Bon je sais que les ingénieurs ont la réputation de ne pas être très bons en orthographe mais quand même... un petit effort ! Une faute tous les trois mots...
 
 yeria a écrit le 26/01/2013 à 01:35 :
depuis plus de tente ans les ingénieurs français dirigent les entreprises , vendent les produis de l'entreprise. Pour le développement ont préféré demander aux ingénieurs des pays sous développé. On se demande pourquoi ont les formes...
eloi a répondu le 26/01/2013 à 11:53:
non ce ne sont pas les ingénieurs français qui dirigent les entreprises ça serait trop beau ! ce sont les gestionnaires, les marketeux, les financiers issus d'écoles de commerce bref les rois des tableaux excel et du powerpoint qui dirigent. D'ailleurs on voit le résultat aujourdhui : une france à la traine et presque ridiculisée face à l'allemagne.
Agone a répondu le 27/01/2013 à 19:17:
Et oui, en France nous avons des grosses entreprises dont les dirigeants n'ont rien à envier à Mitt Romney ou à Mittal. En France, il n'y a pas "d'ouvriers à l'Assemblée" et il n'y a pas de PDG qui a "été sur le terrain" avant de gravir les étages, comme ça se fait un peu plus, il semble, en Allemagne.
 
 GM a écrit le 26/01/2013 à 00:24 :
"certainement mieux rémunérés, offrant plus de visibilité, ils sont aussi, parfois, un recours " Ah ben voilà, oui, vous avez la clé, c'est pas si compliqué. Rappelons que le syntec, dont la convention du même nom est surnommée "convention de ceux qui n'en n'ont pas", militait il y a quelques années pour n'avoir pas à payer les périodes d'intercontrats. Quel tartuffe.
Agone a répondu le 27/01/2013 à 19:12:
Les "contrat de mission" ont précisément été remis sur la table (mais heureusement débouté par les syndicats) par le Medef et consorts lors de la récente négociation sur la réforme du code du travail.
 
 candide a écrit le 26/01/2013 à 00:23 :
Moi même ingénieur, de l'époque où le on formait des ingénieurs (depuis 1990 ou on a doublé le nombre d'ingénieur, celui ci à fortement été dévalorisé) aujourd'hui j'ai l'intension de monter ma propre boîte, j'en ai plus que marre de travailler pour des petits chefs incompétents qui en plus me prennent pour un con alors que se devrait être le contraire. J'ai lu l'ensemble des commentaires, je suis entièrement d'accord. Mais le problème est général, ce n'est plus la compétence qui prime aujourd'hui, c'est le vent et l'incompétence. Tout les domaines sont touchés, même le milieu scientifique, où tous les gens compétents sont mis au placard. C'est le règne du lèche cul, de la roublardise, du valet et de la petite merde : c'est à dire des gens dont ont peut faire ce que l'on veut : cf la période de Vichy.
 
 xavier-marc a écrit le 25/01/2013 à 23:46 :
Je ne connais pas pour les autres domaines d'ingénierie, mais pour l'informatique, il faut avoir une passion vraiment énorme pour perpétuer avec constance la culture générale obligatoire dans ce milieu là, se remettre à jour, chaque jour, pour tout ce qui se fait au niveau de la "planète"( bah oui), on y perd un temps énorme uniquement pour savoir ce qui se fait et comment c'est fait. J'imagine que pour d'autres domaines où il faut se mettre à jour au niveau des brevets là aussi il y a un gros gros boulot de recherche et de mémorisation, j'ai l'impression que le terme génie dans ingénieur n'est pas galvaudé du tout, et c'est cela que veulent les clients, raisonnant au niveau mondial avec les produits de toute la planète en concurrence et savoir organiser tout ceci pour rester à la pointe.
 
 ZOUFRI a écrit le 25/01/2013 à 23:17 :
il y a encore une industrie en France?
Didier a répondu le 26/01/2013 à 23:07:
Oui, il y a beaucoup d'usines à gaz !
arno a répondu le 27/01/2013 à 12:23:
Airbus ça vous dit quelque chose? Areva? Alstom? L'Oréal, Michelin? Non??? Toujours pas? Lafarge? Arrêtons de dire des bêtises, la France a d'excellents groupes industriels qui ont un rayonnement mondial (je vis au Brésil et je le ressens particulièrement ici).
arnii a répondu le 28/01/2013 à 01:55:
Heu...ce sont des trucs plus ou moins nationaux, nationalisés, privatisés, nationalisés, etc; Des gros paquebots comme le titanic, mais eux aussi peuvent couler ! Ne pas croire qu'ils sont géniaux car gros. Et s'ils coulent, ils sont renationalisés.
 
 cassos a écrit le 25/01/2013 à 21:21 :
Tout a été dit, les viandards et ceux qui ont tout fait pour dénigrer les fonctions techniques ont trop tiré sur la corde, faudrait sortir son mouchoir pour eux maintenant ? Perso j'ai continué ma carrière technique à l'étranger, et hors de question de rentrer.
 
 UnPeuTard a écrit le 25/01/2013 à 20:57 :
Dans le lycée de mon fils, les deux plus brillants élèves en matières scientifiques (mention TB au bac S, avec 20 en maths et en 20 physique naturellement, concours général, primé aux olympiades...) ont choisi médecine. Leurs parents étaient ingénieurs.
Jerome a répondu le 27/01/2013 à 16:56:
Tiens ça c'est un autre problème de notre pays : on ne regarde que les notes. Même 10 après la sortie d'école.
 
 Le_"vieux" a écrit le 25/01/2013 à 20:19 :
Exactement le genre d'article qui me met hors de moi. Titulaire d'un doctorat, 18 années en tant qu'ingénieur R&D en industrie mécanique. Sans emploi depuis 2 ans, après des centaines de CV envoyés. Alors quand je lis, qu'il manque d'ingénieurs dans l'industrie .... il faudrait peut-être donner leur chance aux jeunes et aux ingé confirmés à la recherche d'un emploi, plutôt que de se lamenter ! Ces chefs d'entreprise feraient bien de jeter un ?il aux CV qu'ils reçoivent avant de décréter qu'il y a pénurie d'ingé. Vue le taux de réponse, que je reçois à mes candidatures, je suis en droit de penser que les candidatures manquent pas !!!!!! J'ai oublié de préciser, j'ai 48 ans ! Trop vieux pour beaucoup ! Oh ! Bien sûr, on ne vous l'annonce pas de cette manière (quoique ! Certains ne se gène pas !), mais on vous le fait bien comprendre. Tant que la mentalité de la majorité des responsables d'entreprise ne changera pas ... "on manquera d'ingénieurs" !!!! .
ingéinfo a répondu le 25/01/2013 à 22:59:
Tout à fait d'accord. D'ailleurs, étant jeune ingénieur moi-même, beaucoup de mes amis ont du mal à trouver des postes. Les ingénieurs débutants sont toujours: soit trop chers, soit pas assez expérimentés, soit pas assez spécialisés pour les RHs. A se taper la tête contre les murs! Alors qu'il suffit de traverser la frontière et aller en Allemagne pour qu'on vous donne un vrai job "débutant" et correctement payé. Sans parler des pseudo-déficits d'ingénieurs en informatique, mensonge éhonté entretenu par les boites de logiciel pour embaucher des ingénieurs pour des salaires ridicules.
johnmckagan a répondu le 25/01/2013 à 23:05:
Je me rappelle d'un DRH (dans l'industrie) qui m'avait dit: "des CV comme le votre, on en reçoit des centaines par mois". Ou d'un recruteur: "comment ça se fait qu'en un an vous n'avez pas trouvé d'emploi alors qu'il y a une pénurie d'ingénieur?" On vit dans un monde de fous! Je ne cherche pas à vous démoraliser, bonne chance pour votre recherche d'emploi
jonna a répondu le 28/01/2013 à 01:57:
Les DRH disent ce qu'ils veulent, ils s'en foutent, ils ont le choix parmis des milliers d'ingénieurs au chomage. Y a aucune pénurie, c'est un énorme mensonge. Plus c'est gros, plus ça passe; Et là, les drh ont le choix avec des millions de chomeurs, ils peuvent dire tout et son contraire, ils s'en foutent LOL.
 
 Marine a écrit le 25/01/2013 à 20:06 :
Encore une bouteille jetée à la mer... Des années qu'on entend ce refrain "ingénieurs restez dans le technique, on a besoin de vous !", mais les salaires ? He bien les salaires restent ce qu'ils sont... et les ingés expérimentés s'en vont. Un prb pour l'industrie ? NON, Exemple concret : grand groupe français (aéronautique - défense), sur un département d'une centaine de personnes l'ancienneté moyenne est de moins de trois ans. Certes il y a des erreurs, du "rework" , mais les jeunes se donnent, ils font des heures, donc au final le boulot est fait et pas forcément en retard ! Mettez vous dans la peau d'un RH - l'industrie va bien...
@ Marine a répondu le 25/01/2013 à 23:25:
et bien sûr avec une ancienneté moyenne de l'ordre de 3 ans, la compétence est similaire à celle d'un même groupe avec 20 ans d'expérience en moyenne ! Ne soyez donc pas étonnée que les pays émergents nous dépassent un jour !
 
 Stéphane a écrit le 25/01/2013 à 18:23 :
Je souscrit aux commentaires...15 ans de conseil, alors que j'ai adoré ce métier et connu les grandes heures, les "viandards" ont tué ce métier...donc je me suis cassé... quelle est la pire convention collective...syntec... Messieurs les dirigeants du syntec qui vous prenez pour des stars, réflechissez sur vous même, et ne vous en prenez qu'à vous...
 
 Stéphane a écrit le 25/01/2013 à 18:21 :
Pour ceux qui sont un peu jeunes (et ce n'est pas une tare) et qui n'ont pas connu les 14 sublimes années que nous a offert Mitterrand, la bonne nouvelle c'est qu'ils vont avoir la saison 2...la démagogie socialiste au pouvoir...surtout ne pas gagner d'argent en France, augmenter les dépenses, donc les charges sociales et donc réduire les salaires...et après on s'étonne qu'un jeune qui a bossé 70 heures/semaine pour faire sa classe prépa (pendant que les gauchos en fac de socio a Nanterre faisait de la politique), qui s'est fait sélectionner parmi un des systèmes les plus élitistes et les plus reconnus sur la planète, qui devient ingénieur dans une école française avec un niveau de formation très au dessus des autres pays se casse quand on lui propose 1300 ?/mois.... Après plus de 20 ans de pratique pro à l'international , et même si aujourd'hui je suis dans la finance (bouh, c'est pas beau...:-)...), il est clair que la rigueur de la formation d'ingénieur française est très au dessus du lot, et mérite donc d'être rémunéré... Ah pas beau, pas égalitaire....c'est pas grave...on va supprimer les classes prépa et après on cassera les formations d'ingénieur...
Tueur de Troll a répondu le 25/01/2013 à 19:24:
DNFTT.
The Student a répondu le 26/01/2013 à 01:37:
Stéphane, au-delà du troll, vous soulevez un vrai problème à propos de la prépa. Oui, je pense qu'il faut la supprimer. Tout en vantant la formation généraliste de l'ingénieur français, l'article incrimine les formations qui ne « prépareraient pas assez les étudiants à la pratique réelle du métier ». La prépa en est l'archétype ! Prenez l'exemple de l'informatique, qui est un domaine d'avenir. Aujourd'hui, si vous avez 18 ans et que vous voulez étudier cette spécialité, la prépa n'est pas le meilleur choix. L'informatique ne représente qu'une très faible partie de son programme, elle est perdue au milieu de la physique, des maths et de la chimie. D'ailleurs, elle n'est abordée qu'à travers le prisme de ces sciences, pour faire des simulations en mécanique par exemple. Maintenant, prenez l'étudiant anglais qui veut faire de l'informatique. Il n'a pas besoin d'attendre deux ans pour intégrer l'X ou les Mines, lui. Dès sa première année, il entre à Imperial College pour étudier l'info dans des spécialités variées (http://www3.imperial.ac.uk/ugprospectus/whatcanyoustudy). Dès sa première année, il découvre la programmation, les bases de données, la logique, la théorie informatique. Contrairement à l'hypokhâgneux écrasé par son emploi du temps, son temps libre lui laisse le loisir de développer des compétences qui lui sont propres. Il s'intéresse aux intelligences artificielles ou à la robotique ? Il pourra rejoindre une « society » d'étudiants pour découvrir le sujet. Il veut fonder une startup et développer une application ? Rien ne l'en empêche, le campus entier vit. Face à cet ingénieur compétent, autonome et talentueux, le Français fera-t-il le poids ? Vous me ferez sûrement remarquer qu'en France aussi, il existe des universités et écoles d'informatique post-bac. C'est vrai. Mais quand vient en terminale l'heure de formuler ses v?ux de formation, où croyez-vous que se dirigent les meilleurs élèves ? Vers la prépa, souvent sans trop savoir pourquoi. Je n'en veux pas aux étudiants en prépa personnellement, mais c'est l'existence même de cette formation qui empêche nos universités de rayonner. C'est elle qui permet aux écoles privées de fleurir en grand nombre dans l'enseignement supérieur. Il faut mettre fin à cette partition absurde et inefficace.
Didier a répondu le 26/01/2013 à 23:13:
Je suis assez d'accord avec vous, je suis passé par la prépa / GE et je le regrette, mais j'ai bien peur qu'on casse une filière assez bonne malgré tout sans rien améliorer du tout à l'Université. Je me souviens du niveau de l'épreuve d'équivalence du DEUG, c'était effrayant. Il y a en fac une masse d'étudiants très médiocres qui tirent tout vers le bas.
 
 num92 a écrit le 25/01/2013 à 18:13 :
Si comme il dit Mr Daniel Benchimol ''Le numérique est une industrie du futur et le futur de l?industrie '', il oubli que pour faire du numérique il faut un ordinateur et pour faire un ordinateur il faut une boite, une carte mère, un processeur, ? et des logiciels. De tout  ça qu'est ce que la France fabrique ? presque rien. Alors qu'il retrousse ses manches et qu'il nous dit ou il va embaucher des ingénieurs dans le secteur du numérique.
 
 snmp a écrit le 25/01/2013 à 18:02 :
La France ne manque pas d?ingénieur, mais l'industrie et les société de service manque simplement d'ingénieur payé au SMIC et jetable après 50 ans. Un Sénior en France à le même salaire qu'un débutant en Allemagne voir parfois moin....
 
 Désenchantée a écrit le 25/01/2013 à 18:00 :
Il fût un temps où mon travail comportait une grosse part de technique qui était intéressante. Maintenant, ou vous êtes dans une grosse boîte ne confie plus à ses ingénieurs que de la gestion de projet sous-traité très peu passionnante (tout étant "externalisé"), ou vous êtes exploité par un de ces sous-traitants, et là non plus vous n'êtes pas plus dans la technique car il faut avant tout faire de la doc et des réunions à longueur de journée pour faire plaisir au client. Avec de telles perspectives, il est normal qu'autant de jeunes ingénieurs se tournent vers la finance...
 
 chmick a écrit le 25/01/2013 à 17:54 :
les commentaires de ss2ien et de the dude résume très bien la situation . pour un type qui produit dans une SSII y en a 2 qui vivent au crochet de son travail. Certaines personnes quittent même les SSII pour devenir artisan et gagnent mieux leur vie. Mais patience , "certains grand compte" commence a comprendre qu'il vaut mieux embauché les techniques directement , même à un salaire supérieur (ce qui permet de choisir ), c'est encore plus rentable que le taux horaire des SSII.
 
 Boumerang a écrit le 25/01/2013 à 14:33 :
Bah oui ! nos ingénieurs sous le diktat de managers tueurs, avec des salaires merdiques, et cantonnés dans des postes dévalorisés avant de les jeter après pressé le citron quelques mois ... Ben ils se reconvertissent ou quittent la France. L'industrie paye ce qu'elle a semé et surtout dans l'automobile. Quant au crédit recherche dont le bénéfice qui va se limiter aux salaires limités à 2,5 fois le smic, c'est l'assurance d'un recrutement en dessous ce plafond et l'assurance d'y rester ! :)
 
 BienSur a écrit le 25/01/2013 à 14:21 :
Bonjour Dans le domaine des systèmes d'information, n'importe quel ingénieur surtout français a bien compris qu'il valait mieux être maître d'ouvrage fonctionnel ou chef de projet non technique (faites-moi ci, faites-moi ça) qu'assurer un vrai boulot d'ingénieur. C'est bien mieux payé et plus glorieux quand le projet réussit. Il faut souvent afficher qu'on ne s'y connait, peut-être même cacher qu'on a eu un cursus d'ingénieur, si l'on souhaite progresser dans la hiérarchie et ne pas se faire griller par les gens avec un profil plus commercial ou financier, du moins technique. Ceux là ont bien plus d'atomes crochus avec les dirigeants actuels la plupart du temps financiers, commerciaux ou administratifs.
 
 The Dude a écrit le 25/01/2013 à 13:58 :
Il y a peut être un problème de rémunération que l'on peut expliquer de la manière suivante : Dans bons nombres d'entreprises, l'ingénieur voit une partie de son salaire disparaitre au profit de tous les managers inutiles (bien souvent sortis d'école de commerce), des "fonctions supports" (RH, communication...) et des directeurs trop gourmants en rémunération (quid du salaire de M.Benchimol comparé à celui d'un ingénieur...) Ce mal bien identifié dans cet article touche toutes les "grandes entreprises" françaises qui s'étonnent d'être improductives. Prenons par exemple PSA : si l'on est cartésien, pour construire une voiture on a besoin d'ingénieurs, de techniciens et d'ouvriers. A la rigueur quelques comptables et quelques RH...Or nos fleurons de l'industrie française comptent aujourd'hui 50% de "fonctions supports" (postes occupés d'ailleurs par quelques ingénieurs reconvertis). Pas étonnant de faire des bagnoles hors de prix... Enfin ces boites n'ont pas non plus besoin de directeurs payés près d'un million par mois (quand bien même ils sortiraient de l'X...), M.Ghosn par exemple pourrait nourrir sa famille avec 10k?/mois.
 
 Michel a écrit le 25/01/2013 à 12:06 :
On ne comprend plus trop... on nous répète que l'avenir c'est de monter en gamme, faire de la recherche, remplacer les ouvriers par des ingénieurs (j'exagère à peine...) etc. etc. et en parallèle les salaires de ces cadres sont toujours plus bas. Ajoutons aussi qu'en Inde ou en Chine les ingénieurs aussi savent bosser... Bref y'a qqchose qui ne va plus dans cette équation mondialiste. Le problème n'est-il pas une saturation pure et simple des filiales qui paient (encore) ? De la même manière que le progrès des machines conduit à moins d'embauches de personnels, n'aurait-on pas atteint le quota maximal d'ingénieurs / chercheurs ?
johnmckagan a répondu le 25/01/2013 à 18:49:
En Inde ou en Chine ,les commerciaux aussi savent bosser, les coiffeurs, les bouchers, les plaquistes, les secrétaires... Comme il est impossible de battre la chine sur les prix, alors il faut la battre sur le savoir-faire. Et sur ce point, les ingénieurs ont plus à apporter que les diplômés d'écoles de commerce.
 
 Un ingénieur a écrit le 25/01/2013 à 11:51 :
Ce qui a fait le plus de mal en France c'est justement les sociétés de service, spécificité bien française, comme Eurogiciel : aucune vision stratégique etc pour l'industrie, juste des marchants de viande. C'est pas avec ça qu'on va (re)batir une industrie.
Math_31 a répondu le 25/01/2013 à 17:06:
Bonjour à vous. Je réagis à votre poste pour vous signaler que les sociétés de services snt comma ca partout dans le monde. J'ai bossé 2 ans en Allemagne chez un prestataire. Pas d'augmentation, trop de pression, bien pire que des marchands de viande. Il faut un jour ouvrir les yeux et accepter d'entendre qu'il n'y a pas qu'en France qu'il y a ce genre de problème.
 
 Fab a écrit le 25/01/2013 à 11:45 :
Je trouve
 
 johnmckagan a écrit le 25/01/2013 à 11:39 :
Personnellement diplômé d'une école d'ingénieur, j'ai changé de corps de métier quand je me suis rendu compte que les diplômés des écoles de commerce (et assimilés) étaient bien mieux valorisés que les ingénieurs en terme de considération et de rémunération. D'où un mépris du technique parfaitement incompatible avec une logique industrielle. Une entreprise industrielle qui veut vivre doit faire de la qualité, sinon sa réputation ruinera ses efforts en terme de marketing, communication etc...
 
 Planck a écrit le 25/01/2013 à 11:37 :
"Est concernée au premier chef l?industrie du logiciel, qui s?arrache les jeunes diplômés de cette spécialité et se tourne parfois vers le Maghreb pour recruter. " Vaut mieux lire cela que d'être aveugle, comme dirait l'autre. M. Benchimol devrait écrire des sketches comiques, il en a le talent.
plancka a répondu le 25/01/2013 à 13:03:
Tiens encore un haineux.
Thargor a répondu le 25/01/2013 à 17:58:
@plancka, vous ne devez pas connaître l'industrie informatique. Le Maghreb est pour la France un peu comme l'Inde pour l'Angleterre : main d'?uvre pas chère parlant français et avec un décalage horaire pas trop important. Si l'industrie du logiciel s'arrachait les ingénieurs, il n'y aurait pas de grilles de salaire basée sur le diplôme et le nombre d'années d'ancienneté (et ce, quelque soit le CV).
 
 blabla a écrit le 25/01/2013 à 11:35 :
S'ils veulent des ingénieurs dans l'industrie française, ils n'ont qu'à les payer l?esbroufe des école de commerce paye mieux.... jusqu'à ce qu'ils aient fini de scier la branche
Thargor a répondu le 25/01/2013 à 18:01:
Tant que le commercial a un ingénieur pour rattraper ses co***ries, ça passe. Un commercial te vends la Lune, mais c'est l'ingénieur (avec des ouvriers) qui va te permettre d'y aller.
 
 Un_Senior_de_40_ans a écrit le 25/01/2013 à 11:30 :
"Ingénieur(e)s, la nouvelle industrie française a besoin de vous !" Elle est bien bonne celle là! J'ai fait une formation BAC+5 informatique, et à chaque entretien on me demande mon age.......... Je ne demande qu'à travailler !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Mais dans ce pays bizarre, "les entreprises" estiment qu'à plus de 35 ans, on est un vieux croulant plus bon à rien.......... Aux USA, c'est le plus expérimenté qui emporte le poste! Pas en France! Les jeunes ne sont pas assez expérimentés et les "autres" sont trop expérimentés... Mais qu'est ce c'est que ce pays de "OUFs"??????????????????
 
 am a écrit le 25/01/2013 à 11:28 :
tout est dit dans cette phrase "nombre d?ingénieurs français persistent à se détourner de l?industrie au profit d?une carrière dans les secteurs de la finance, du marketing, de la communication, etc. Jugés plus « glamour » et certainement mieux rémunérés, offrant plus de visibilité" Faut vraiment être une buse pour se detourner de secteurs plus attractifs dans tous les sens du terme. L'industrie perd du poids et a une mauvaise image donc les jeunes s'en détournent. Moi-même ingénieur, je me suis très vite détourné du bureau d'étude pour la finance et ne le regrette pas du tout. A ma sortie de promo , les grands industriels gelaient leurs recrutements Airbus, Alstom, Renault, PSA et faisaient la fine bouche ou multipliaient les plans sociaux. Les PME, je ne les ai jamais vu intéressées par recruter un des nôtres ou alors leur donner leur chance pour innover dans leur coin. Sinon alors un autre débouché Altran, Alten etc. proposent des salaires moindres qu'ailleurs et des missions pas fun du tout dans des zones désaffectées. C'est le jeu de l'offre et de la demande et nombre de mes anciens camarades après 5 ans on quitté l'ingéniérie. Faut donc vraiment avoir des oeillères pour ne pas aller voir ailleurs et choisir ce que, comme jeune diplômé, l'on perçoit comme son meilleur avenir.
 
 vieux singe a écrit le 25/01/2013 à 11:25 :
blah blah blah... Combien vous payez, et comment? Avez vous viré les "profils" et autres "grilles" et autres "groupes" d'écoles de vos dossiers RH? Etes vous honnêtes? (excusez moi, j'ai dit un gros mot). Nous, les idiots d'ingénieur, depuis qu'on nous a BIEN expliqué que la mesure de la valeur d'un homme, c'était son argent, et l'argent de ses potes, son réseau d'ancien élèves, et sa page linkedIn, on s'intéresse uniquement à un truc : la valeur en bas de la fiche de paye. Comme tout le monde. A force de les mépriser, ces gros niais de "techniques", vous n'avez que des "managers", des "business" men.. des politiciens, des "je veux être chef moi.. je suis pas un technique ... gna gna gna".. Et vous n'avez plus que des brêles pour faire le boulot? bien fait! Les classes prépa, c'est génial, ca permet de filtrer les feignants. Faut les virer! C'est inégalitaire! Le fils d'un ouvrier peut très bien battre un fils de noble!
 
 ss2ien a écrit le 25/01/2013 à 11:17 :
Monsieur Benchimol, "Président d'Eurogiciel* et du cluster Digital Place, Administrateur de Syntec Numérique" est le représentant du lobby du Syntec, les sociétés membres de ce syndicat patronal sont des sociétés de service en ingénierie informatique (SSII) appelées également « marchands de viandes » pour les raisons suivantes : Ce sont eux qui ont participé à la précarisation du métier d'ingénieur dans le domaine technique et particulièrement dans l'informatique (condition de travail au rabais, salaires très bas, absence de perspectives réelles, dépassé 40 ans et c?est le chômage assuré) Elles ont contribué à la baisse des compétences étant données les missions de courtes durées et l?instabilité permanente et changeantes du poste d?ingénieur (ultra flexible) dans ce genre de « sociétés » et par delà au déclin de l?industrie Son « entreprise » ainsi que les très nombreuses sociétés "de conseil", "de consulting", de « haute technologie » etc qui pullule en France en tant que mauvaises herbes, proposent toutes de la location de main d??uvre et elles contournent allégrement le code du travail et sont en permanence en délit de marchandage. Elles ont toutes les mêmes clients (EDF, BNP, etc), et elles ne créent aucune valeur ajoutée excepté qu?elles vivent en tant que parasites sur le dos de jeunes diplômés exploités et jetés dès que le salaire dépasse les 2200 euros car la marge y est sacrée, et c?est la raison pour laquelle elle affichent en fanfare chaque année des centaines d? « embauches » par an (en fait liée au très fort turnover liées aux conditions de salaires et de travail exécrables), j?en passe sur les annonces bidons passées sur les sites de recrutement pour faire croire à la bonne santé, ou pour simplement remplir la base de données de CV qui seront utiles en cas de nouvelles « missions ». Le « business » est basé sur la location à la journée (ou à la demi) de jeunes diplômés (facturée en moyenne entre 400 et 600 euros/jour) qui sont sous payés, n?ont pas de référence en terme de salaire coût de vie, ne connaissent pas leurs droits et ne savent pas qu?ils se font se faire virer ou plutôt poussé à la démission au bout de quelques années le jeune diplômé réclame un salaire décent est viré pour faute grave inventée ou clause de mobilité (abusive bien sûr), le risque et les aléas reposent quasi-exclusivement sur les salariées. Ces sociétés si elles créaient réellement de la forte valeur ajoutée, Il y aura beaucoup de Facebook, Google, Apple francais, mais non ce ne sont que boites qui pratiquent de l?intérim déguisés. Son affirmation sur un prétendu manque de compétences/pénurie dans le domaine informatique est un mensonge classique de la Syntec et des SSII si c?était réellement le cas les salaires y serait élevés (on raison de l?offre/demande en faveur des ingénieurs) Or c?est tout l?inverse. L?unique raison est d?avoir plus de d'ingénieurs pour baisser d'avantage les salaires (qui d'ailleurs dans l'informatique sont les bas parmi les disciplines d?ingénierie) qu?ils vont faire du rabattage dans les universités et les écoles, et maintenant dans les lycées. Enfin pour conclure, taux de chômage est d?ordre de 9% dans l?informatique ce qui est bien loin des mensonges du Syntec (voir Google « conditions de travail SSII » voir les nombreux articles sur munci.org et Internet en général). Que de la propagande mensongère.
am a répondu le 25/01/2013 à 11:33:
bonjour, tout cela est très vrai. Altran, Alten, Eurogiciel sont toutes des boites d'interim déguisées. Tous les ingénieurs français qu'elles y emploient seraient bien plus innovant à inventer des technologies dans des bureaux d'études plutçot qu'à remplir des feuilles d'expenses et des timesheets à longueur de journées. Ils s'en mordent les doigts, tant pis...
Nicolas a répondu le 25/01/2013 à 13:06:
Alten... Ca me rappelle un emtretien d'embauche au cours duquel le "manager" (noeud de cravate de ctravers, dernier bouton ouvert) m'a clairement indiqué que ce qu'il l'intéressait, c'était mon réseau pour avoir de nouvelles missions. Ah oui, si je pouvais apporter ma première mission, ca faciliterait la'rrivée de l'encre dans le stylo pour signer mon contrat! Sérieusement, je suis ingénieur agroalimentaire. Le salaire moyen d'embauche est de 1300 - 1500 euros en France. Du coup, je travaille en Suisse et suis payé 3x plus (tout compris), avec des missions plus intéressantes, des perspectives d'évolution plus claires, moins de conflits sociaux...
ingé géneraliste a répondu le 25/01/2013 à 13:33:
A la lecture de votre excellent post ss2ien je pense que la Tribune devrait inverser : c'est votre commentaire qu'il faudrait publier et le "publireportage" de Benchimol a mettre en commentaire, sous la mention "Troll du Syntec". Amitiés à tous ceux qui ont connu (ou qui connaissent encore) les marchands de viande.
 
 gerardc27 a écrit le 25/01/2013 à 10:31 :
Etre ingénieur ça veut souvent dire passer par des classes préparatoires en FRANCE; ce qui rebute beaucoup de jeunes et freine largement les vocations vers des carrières incertaines. En outre il faut intégrer dans les cursus la notion essentielle et générale de prise de risque dans un environnement mondialisé.Enfin et contrairement à ce que l'on fait croire l'ingénierie industrielle innovante est la clé de voute de la réussite d'un pays plutôt que l'ingénierie financière qui fabrique des bulles. PS : Je voudrais savoir ce qu'est censée représenter cette illustration.
Stéphane a répondu le 25/01/2013 à 18:11:
L'ingénierie financière qui fabrique des bulles...et la centrale nucléaire en Finlande d'Areva, tu la finances comment sans les banques ? parce que si tu la finances pas, y a pas projet, y a pas boulot.... Faudrait arrêter de dire que la Finance c'est mal...Un des mes profs en école d'ingénieur nous disait toujours que quand on ne connaissait pas un sujet, il valait mieux se taire, cela évitait de dire des conneries...
 
 LeSyntecCestBonMangezEn a écrit le 25/01/2013 à 10:27 :
Diantre ! Un PDG de SSII qui propose de revaloriser les salaires et de relocaliser ! Ah non... Il faut tout lire... "Mais il faut baisser les coûts salariaux sans baisser les salaires eux-mêmes !" Ouf... J'ai eu un peu peur... Baisser les coups salariaux sans baisser les salaires (on ne parle plus de revaloriser)... Voilà qui est plus conforme au discours habituel qui a cours dans ce genre d'entreprises. L'heure doit être grave...
 
 François a écrit le 25/01/2013 à 10:07 :
Jeunes gens,n?écoutez pas les mauvais conseils distillés par la presse. Fuyez les études d?ingénieurs. Je suis moi-même diplômé d?une de ces soi-disant « grandes écoles » situées dans le haut de tous les classements des écoles d?ingénieurs. Funeste erreur! Mon quotidien : chômage et précarité. Mon passé : travail souvent sans grand intérêt soumis au bon vouloir méprisant de managers sortis d?écoles de commerce de province. Je vous aurai prévenu?
Murps a répondu le 25/01/2013 à 11:25:
J'ignore de quand date votre diplôme d'Ingé, mais je fais le même constat que vous. Etre Ingénieur en france, ça EU payé. Mais ça paie pu' ! Faites de la finance ou du marketing. Ca, ça paie ! Les Ingénieurs sont considérés comme des techniciens, comme qui dirait les OS de l'an 2000.
 
 Vladimir a écrit le 25/01/2013 à 10:04 :
Travailler dans l'industrie (aéronautique par exemple) implique bien souvent de faire de la prestation avec tous les aléas que cela implique: faible rénumération, précarisation du travail, missions sous-qualifiées... Après 7 années de nomadisme professionnelle imposées par cet environnement dont la moitié à l'étranger, j'ai décidé de mettre ma vie privée en premier plan et de me poser. Mon job consiste aujourd'hui à "gérer" une équipe et de faire des planches avec une meilleure paye... C'est nul mais quitte à faire un boulot peu gratifiant autant prendre celui qui est le moins contraignant.
 
 Paul a écrit le 25/01/2013 à 09:59 :
Monsieur Benchimol pourrait commencer par nous dire combien il paye les ingénieurs chez Eurogiciel, combien il y a de stagiaires chez Eurogiciel, et quel est le taux de turn-over annuel dans sa société. Mêmes questions dans les SSII, étant président du Syntec il doit être au courant de tout ça, non? Parce que c'est facile de dire que l'avenir c'est le numérique, mais quand on voit comment sont traités les ingénieurs en informatique en France (ceux qui font le travail, pas les rigolos qui font du fichier Excel toute la journée), on se dit comme Didier qu'un jeune a plutôt intérêt à étudier la médecine ou le droit, mais surtout pas l'informatique.
 
 M a écrit le 25/01/2013 à 09:37 :
Diplomé d'école d'ingenieur il y a quelques années, près de la moitié de ma promotion était étrangère (non UE). Beaucoup d'entre nous comme moi n'ont pas choisi de quitter la France, mais ont ete gentillement invités à partir, trop d'ingenieurs francais au chomage disait gueant, vous pouvez le remercier. Je travaille aujourd'hui dans la finance à Londres et suis triste que mes impots ne servent pas à financer l'excellente formation que j'ai reçu en France...
blabla a répondu le 26/01/2013 à 00:26:
achetez des obligations françaises...
 
 Didier a écrit le 25/01/2013 à 09:22 :
La physique des matériaux (par exemple) est la même partout dans le monde. C'est assez dangereux pour un jeune de s'orienter dans cette direction, pour se retrouver à 35 ans en concurrence avec un Ukrainien, un Chinois ou un Brésilien... L'avenir de nos usines est très incertain. Si Renault et PSA se cassent la figure, il ne restera pas grand chose à part Airbus (et encore, si les Allemands ne piquent pas tout). Mieux vaut faire des études de médecine ou de droit.
johnmckagan a répondu le 25/01/2013 à 11:26:
Je ne suis pas d'accord, la physique des matériaux a beau être la même partout, cela n?empêche pas d'être plus compétent qu'un autre sur le sujet. Un ingénieur indien aussi brillant soit-il aura toujours le désavantage d'avoir été formé dans une école qui à priori disposait de moins de moyens matériels.
 
 un ingénieur a écrit le 25/01/2013 à 08:27 :
Ces grandes idées sont bien belles mais l'écart de rémunération entre l'industrie et le tertiaire est juste trop important (environ 20% d'après mon expérience personnelle).
 
 Eleg a écrit le 25/01/2013 à 06:20 :
Mettre les (ingénieures) entre parenthèses, c'est se priver de la moitié de son vivier de recrutement, d'office ! À comparer avec : " Armée américaine : femmes et hommes désormais égaux au combat "
 
 stro a écrit le 25/01/2013 à 06:15 :
Les ingénieurs ne sont que le produit de la commission des titres d'ingénieurs. Cet organe aurait du disparaître avec l'europe. Mais non. Faire une formation d'ingénieur implique la présence du marketing à la place de la science ou la technique ou la technologie.
 
 Laurent a écrit le 24/01/2013 à 17:34 :
Les ingénieurs sont trop mal payés. N'importe quel marketeux ou école de commerce gagne plus...Il faut revaloriser les salaires !
à Laurent a répondu le 24/01/2013 à 23:21:
Cé hein skandal ! Vous voulez encore faire des riches ! On veut que tous les français soient pauvres !
Kofithep a répondu le 25/01/2013 à 09:32:
Depuis qu'il y a de la redistribution, tout le monde a sa chance et les talents émergent. Quand il n'y avait pas de redistribution, seuls les (rares) riches avaient leur chance et ça s'appelait le Moyen-Age. Je caricature à peine.
Medraut a répondu le 25/01/2013 à 13:36:
Bonjour Je tiens à approter mon témoignage. Diplomé de master pro (et non d'école d'ingé) en ingénierie biochimique, nul en marketing (normal pour universitaire en sciences) mais très solide en sciences et en technique (j'ai aussi un BTS), j'ai galéré 3 ans avant de trouver un poste à 1500 nets dans l'agro en tant qu'ingé, que j'occupe depuis 2 ans. Un de mes potes, plus jeune, issus des mines, émarge à 1300 nets... un autre, docteur de l'ENS en méca, faisait des saisons... là, il est parti en Suisse : 7500 boules nettes par mois. Les perspectives des ingés sans réseau sont aujourd'hui... douteuses. A tel point que le choix se réduit entre l?exil et la reconversion. Les métiers du professorat sont les préférés pour se reconvertir. Ceux qui se débrouillent en stats partent dans la finance. Un ingé en analyse financière émarge dur, lui. Des études longues et difficiles, une sélection draconienne par le concours à l'entrée ou l'élimination + sélection en M1 (le cas de la fac : 300 en début de L1, 11 en master2). Tout ça pour ça. Mes conseils : Au jeunes : les boulots d'ingés ça eu payé, mais ça ne paie plus ! Des ingés et des masters au chômage, il y en a à la pelle. Faites autre chose : gendarme, marketing, etc... Aux ingés en sciences de la vie : faites des cours de physiologie animale, et posez un dossier en école véto. Au moins, le doctorat véto offre reconnaissance et boulot bien payé. Les concours de la fonction publique ? bonne chance... le moindre concours, c'est 20000 candidats pour 50 places, parfois. Et pour les catégorie A+, faites chauffer le piston, ça sert toujours... si vous en avez. Je parle d'expérience. On est très loin du temps des 4 postes offert par candidats de nos grands parents... Le doctorat de sciences ? mauvais plan, sauf si vous êtes désespéré ou devenir célibataire à vie. Petite stat qui fait mal : la France forme 10000 docteurs par an toutes disciplines confondues, et un peu plus de 30000 ingés et masters assimilés par an. Leur niveau est généralement bon, même si universitaires et ingés d'écoles ne sont pas formés au même métier. C'est simplement beaucoup trop pour espérer une revalorisation des salaires au regard des besoins des entreprises.
ingénieur a répondu le 25/01/2013 à 14:04:
En France il y a des ingénieurs si les industries vont en chercher au Maghreb ce n'est pas par manque d'ingénieur en France mais plus pour des cout toujours plus réduit qu'un l'ingénieur français. Et un ingénieur trop expérimenté = un salaire trop important. Tout est une question d'argent. Sinon pourquoi certaine industrie fonctionnerai avec + de 60% de prestation externe que d'employé interne.
SYNTOX a répondu le 25/01/2013 à 15:33:
Ingénieur dans l'informatique, développeur pour être précis, j'ai eu l'illusion funeste pendant mes études d'entrevoir le bonheur et le privilège rare d'exercer au quotidien un métier qui me passionne... ... jusqu'à ce que ma route croise celle des SSII comme Eurogiciel et consort. Ce sont précisément les méthodes de management préconisées par Guy Mamou-Mani et le SYNTEC, issues du XIXeme siècle, qui m'ont conduit à envisager une reconversion. Pas étonnant lorsqu'on découvre un jour les liens étroits, et anciens, qui unissent en France l'industrie informatique et l'industrie métallurgique et en particulier l'UIMM... Est-ce que certains parmi-vous savent que le baron Ernest-Antoine Seillière, ancien président du MEDEF, possède, à travers Wendel Investissement, une part significative de Cap Gemini? Pour ceux qui souhaite aller au-delà du discours officiel, relayé ici une fois de plus sans aucune distanciation critique par la presse, je vous invite à lire le livre de Nicolas Sené : "Derrière l'écran de la révolution sociale" et à consulter son blog. En outre, tout étudiant en informatique, en particulier s'il est passionné par cette discipline, devrait au moins parcourir le "Livre noir du Consulting" disponible intégralement à cette adresse : http://intoxconsulting.free.fr/intox000_preambule.htm, histoire de savoir ce qui l'attend dans le monde merveilleux des SSII... Enfin, une dernière lecture sur les ravages de "l'open space" qui intéressera cette fois bon nombre d'entre-nous: http://www.lopenspacematuer.com/
Medraut a répondu le 25/01/2013 à 17:44:
SSII viandeur... Rassurez vous, ça se développe de partout dans toutes les filières techniques, y compris pour le consulting de haut niveau pour laboratoires. Quant aux techniciens (la base de nos métiers, faut-il le rappeler), c'est encore pire... Que faut-il faire quand on bosse en SSII ? se tirer chez le client...