lundi 28 mai 2012

Asie Europe


 2) Interviewés des entreprises japonaises

Selon lʼenquête comparant les nombres dʼheures de travail dans le monde en 1986, les heures supplémentaires par année, sont 229 en Japon, 172 en États-Unis, et 0 en France. 70% des Japonais déclarent quʼils ne veulent plus prendre de vacances, parce que leurs désirs sʼaccomplissent au sein de lʼentreprise.6


6 MAURY René, Les Patrons Japonais Parlent, Paris, Seuil, 1990, p. 43 - 44


Dans les réponses des interviewés, les caractéristiques des entreprises japonaises sont les suivantes : le système des contrats est plus stable, les heures supplémentaires sont rémunérées, la gestion assurée par les japonais, l'accent mis sur le développement personnel et la formation, le faible taux de rotation du personnel. En général, des avantages sociaux, en général, l'évaluation scientifique du travail.


Dans le passé, les entreprises japonaises préfèraient des contrats permanents ou des contrats d'emploi à long terme. Aujourd’hui, les entreprises japonaises sont en train de progressivement réduire la durée du contrat ; en Chine, après la réforme économique en 1978, les contrats sont généralement plus courts. Par conséquent, les interviewés ont déclaré que si les salariés chinois peuvent obtenir un contrat de trois années, ou même de cinq ans dans les entreprises japonaises, ce sont des emplois relativement stables. Nous pouvons trouver une relation parmi l’emploi stable, le développement personnel positif, et le faible taux de rotation du personnel. Les trois sont complètement liés.


Il y a aussi une relation entre la gestion assurée par les japonais et les heures supplémentaires rémunérées. Selon lʼenquête de l'OCDE en 2011, le temps de travail payé en Japon, en Corée, et en Chine sont toujours les plus longs du monde, et le temps au Japon est le plus long.7


7 Society at a Glance 2011 - OECD Social Indicators, 2011


Plus que dans la culture nationale, la raison est dans le système des salaires. Les interviewés ont dit que dans les entreprises japonaises, environ un tiers  du salaire  provient des heures
supplémentaires, donc la fraude aux heures supplémentaires est répandue. La fraude est que délibérément, les employés ne terminent pas leur travail dans une période de temps déterminée (quarante heures) et demandent à compléter la tâche dans le temps supplémentaire. Bien sur, dans l’entreprise japonaise, ce temps supplémentaire est rémunéré. .

Sur le sentiment au travail. Nos interviewés nous disent :


a) Le plaisir. Le temps du contrat n'est pas très long. Mais, quand l'économie est mauvaise, les entreprises japonaises ne coupent pas dans les effectifs des employés : cela leur donne du plaisir. Un autre plaisir est apporté par une bonne formation de personnel et des possibilités d'apprentissage..


b) La douleur. La fatigue est fréquente., Ce nʼest pas la fatigue physique, mais psychologique. Les longues heures de travail en sont la principale raison. La culture japonaise est aussi une cause de souffrance . Dans cette culture, lʼinférieur et le jeune doivent se subordonner totalement au supérieur et au senior, donc la communication interpersonnelle dans l'entreprise est une activité très risquée.



c) Le dégoût. Le formalisme est associé avec l'hypocrisie et la répression culturelle. La forme des rapports de travail, vise à satisfaire l'inspection. En outre, comme les japonais ne croient pas les chinois / n’ont pas de confiance/, pour les Chinois il est presque impossible d'entrer dans l’encadrement. Donc, fondamentalement, il n'y a pas de développement de carrière possible.



d) La résistance. Les interviewés ont indiqué que selon la culture des entreprises japonaises, il est interdit pour le personnel de poser des questions à des niveaux plus élevés. Les
interviewés ont également indiqué qu’ils nʼont pas de résistance. Parce que ils ont passé beaucoup de temps à apprendre le japonais, et que les compétences acquises dans les entreprises japonaises n’ont pas d'utilisation ailleurs, les interviewés pensent qu'ils n'ont pas assez de compétences pour travailler dans des entreprises d'autres pays, et même dans les entreprises chinoises.


3) Interviewés des entreprises sud-coréennes


Selon les interviewés, la culture de lʼentreprise sud-coréenne est la même que la culture des entreprises japonaises, bien que la source peut être différente. Deux différences évidentes sont que, selon les interviewés, les entreprises sud-coréennes ont une culture très répressive, ce qui entraine un taux élevé de rotation du personnel. En outre, les interviewés ont attribué la pression à la militarisation de la gestion des entreprises
coréennes. Cette pression, Ray, Homme, 24, spécialiste du business, la décrit ainsi :

Dans les entreprises coréennes du sud, il faut aller en Corée du Sud la première année de formation pour apprendre la culture coréenne et le langage coréen. Les grands entreprises coréennes sont toutes comme ça, tels que Samsung, Lotte, etc. Dans Samsung et SK, on peut parler l'anglais, mais dans d'autres il faut parler le coréen au bureau. Les employés étrangers doivent signer un accord : s'il quitte le travail avant quelques années, il faut rembourser à l'entreprise le coût de la formation.


Dans les entreprises sud-coréennes, il est nécessaire d'obéir sur tout. Il faut écouter totalement les superviseurs, écouter les anciens. Les coréens attachent une grande importance à l'âge. Est « un ancien » une personne âgée un an de plus que vous. Le travail ici est identique au mode de vie militaire, par exemple, sur le lieu de travail, n’importe où le cadre nous affecte, on doit obéir. Même les salariés âgés de soixante ans, l’entreprise n’écoute pas leur
opinion personnelle. Aucune négociation n’est possible entre le cadre et le personnel.

Les entreprises coréennes ne comprennent pas les demandes des employés chinois. Elle recrutent des diplômés de qualité, mais il n'y a pas de planification de développement du personnel claire. Le stagiaire ici est aveugle. Cela rend les employés se sentent la panique, car on ne sait pas quand elle nous licenciera.


La planification de développement du personnel est souvent changée, ou on nous dit que il n’y a pas de plan. Les nouveaux
employés travaillent comme des outils, ils n’augmentent pas leur valeur technique. Les gestionnaires de la Corée du Sud ne veulent pas écouter ou répondre ou négocier avec les employés, spécialement pour les employés de sexe masculin.

Par conséquent, le cadre est humiliant envers l’employé, par exemple ils déchirent souvent votre dossier de plan en face de vous, ils humilient les et maudissent les gens devant les autres. Les employés coréens aussi n’aiment pas être traités de cette manière, mais il n’y a pas le choix. De plus, tous les Coréens (les hommes) ont été obligatoirement soldat dans l'armée, ils ont déjà l’habitude de ces traitements cruels. Les femmes ici ne sont pas respectés plus, il leur est impossible d’avoir de la promotion. Egalement, , il y a beaucoup de harcèlement sexuel envers les femmes.


En plus de l'accent mis sur l'obéissance, l’entreprise exige
également la loyauté et le fanatisme des employés. En général, il y a de pas de rémunération pour des heures supplémentaires, mais les employés doivent  être en place tôt et partir tard bénévolement, pour faire preuve de loyauté envers l'entreprise. Chaque jour on doit fait plus une heure hors les heures de travail requises. Il est une caractéristique des sociétés coréennes: les Coréens sont désespérés ! ! Par exemple, quand il y a un plan demandé par les supérieurs, les Coréens feront cinquante ou cent sortes de programmes, beaucoup plus que les Chinois. Même si des programmes de divertissement sont prévus pour le week- end, les Coréens feront des dizaines de plans, mais les Chinois en feront seulement trois ou cinq.

La vie dans la société coréenne est comme dans la caserne, parce que les entreprises exigent une vie organisé de façon collective. Les relations interpersonnelles dans la plupart des cas, sont très rigides, comme pour les militaires. Les personnes qui entrent la même année sont appelés à la même période , les gens de la même période sont égaux, il y a des sentiments occasionnels comme entre camarades. Mais la période ancienne fait la répression sur la génération des jeunes, un peu comme à l'armée. Ce n'est pas une intimidation intentionnelle, mais c’est naturel de réquisitionner la jeune génération. Le bureau est mauvais aussi, trois ou quatre cents personnes dans une salle. Presque personne ne parle, car il y a un sentiment d'être observé à tout moment. Les places du personnel sont également en conformité avec le niveau occupé dans l’entreprise, le chef d'équipe est assis à l'avant des autres. La vie collective est la suivante: dans l'entreprise sud-coréenne, ils pensent que faire les heures supplémentaires et boire la boisson font partie du travail. Il y a quelques années, souvent on a travaillé des heures supplémentaires jusqu’à deux ou trois heures du matin, puis il fallait aller à boire trois fois de suite (dans trois bistrots) par nuit avec les collègues coréens, si non on se moquait de vous. Tout les jours il fallait boire jusqu’à trois ou quatre heure du matin, et après commencer le travail à neuf heures du matin. Quatre-vingt dix pour cent des jours par mois était comme ça. Maintenant un peu moins, (boire) deux ou trois fois par mois. Cela s’appelle « Manger Ensemble », parce que la société paie pour la nourriture et le poisson, il y a une disponibilité des fonds pour ça.


En outre, il y a une discrimination de la nationalité. Les travailleurs
étrangers ont des revenus moindres que les employés coréens. Pour le même travail, le salaire de base des travailleurs étrangers n'est que la moitié du salaire des travailleurs coréens. En outre, les Coréens ont des gratifications chaque mois, mais les Chinois n'enont pas. L'inégalité sur le poste, sur le salaire entre les employés coréens et les employés étrangers me rend malheureux.


4) Vécus et sentiments collectifs



Les vécus similaires de travailleurs étrangers dans les sociétés asiatiques sont:


a) Des patrons et des cadres brutaux avec une culture d'entreprise hiérarchique : le personnel ne se sent pas respecté.


b) Les travailleurs étrangers n'obtiennent pas de confiance, alors ils sont limités dans les accès aux postes aux revenus et aux emplois.


Au travail, les travailleurs étrangers ne sentent pas particulièrement un plaisir évident ; au contraire, ils ressentent plus de douleur et de dégoût. Et ils développent peu de résistances.



Interviewés des entreprises européennes


Depuis 2007, les entreprises des 27 pays de UE ont établi en Chine chaque année plus de 1.000 filiales ; elles ont investis plus de cinq milliards US $ d'IDE en Chine. En 2008, 76% des entreprises en Chine ont au moins passé le seuil de rentabilité. Plus de 80% des entreprises européennes ont déclaré développer leurs affaires et entrer sur le marché de consommation en Chine ; 60% des entreprises ont déclaré que le développement sur le marché des produits et des services en Chine était une raison stratégique importante ; cette opinion


était 10% de plus que lʼannée dernière. Seulement 7% des entreprises ont pris en considération la valeur des faibles coûts de production.8
8 Lʼenquête de confiance des entreprises 2007, la Chambre de commerce européenne, 2007
 
Ainsi, cette analyse consacre des entretiens avec les salariés des entreprises suisse, françaises, italienne, espagnole, suédoise qui sont en Chine, ou résidant en Europe, afin ce connaitre leur vécus des affaires et leur sentiment au travail.



1) Interviewé dʼune entreprise suisse


Lʼinterviewée dit que son entreprise suisse, une multinationale, privilégie
l'intensité du travail,. Elle décrit ainsi son expérience de travail :
Bien que l'employeur est l'origine suisse, le quartier général est situé aux États-Unis. Vous ne pouvez pas dire qu'elle est une entreprise suisse ou une entreprise des États-Unis, particulièrement car ce qui est dans
le marché des capitaux des Etats-Unis. Pour les heures de travail par semaine, c’est relativement normal, environ 50 heures par semaine, avec 9-18 heure par jours, et des heures supplémentaires occasionnelles. A mon niveau je peux déjà choisir de ne pas faire des heures supplémentaires. Mais avant, une fois, un projet important m’a coûté 80 heures par semaine, et c’était une époque occupée, j’ai travaillé sept jours par semaine, finissant à 22:00 pour tous les jours. Même à la Saint-Valentin, j’ai été en prolongation, ne quittant pas l'entreprise de la nuit, pour continuer faire mon travail. Mais je ne veux plus faire du travail trop tard, Trop de travail me rend fatigué. Comme expérience du passé, j'ai travaillé chez AT&T. Le revenu est élevé là-bas, très bon, J’ai quitté pour des raisons personnelles, en fait, j’ai aimé quelqu’un. J’ai travaillé aussi chez China Netcom, c’est confus là-bas, car c’est en restructuration. La promotion est seulement disponible pour les membres du parti communiste, c'est ennuyeux. J’ai quitté. Je pense que l’entreprise américaine est mieux, car elle fait les choses selon un plan. Mais la société italienne n'est pas bonne ! ! ! J'ai aussi passé du temps dans une société italienne. Le patron décide de toutes les choses sur un coup de tête, ou à la suite d’une discussion, sans respecter le calendrier ou le plan.



2) Interviewés des entreprises françaises


Les entreprises françaises donne aux interviewés un vécu similaire: le système de gestion n'est pas moderne, et les réponses au personnel ne sont pas justes. Par exemple, un interviewé déclare:


Il n’y a pas beaucoup des heures supplémentaires, qui se font à telle ou telle occasion. Les insuffisances d’entreprise française sont nombreuses, le système n’est pas transparent, les collègues français sont très arrogant, le milieu de travail n'est pas bon, le patron n'est pas bon, etc. En particulier, la gestion du personnel est non-transparente, et les bénéfices des sociétés ne sont pas partagés avec le personnel. Le développement de carrière n'est pas transparent, par exemple, le calcul de KPI n'est pas clair, nous ne savons pas quand nous pouvons avoir une promotion. Il n'y a pas de hiérarchie des postes claire, et la structure organisationnelle n'est pas claire. L'évaluation du rendement des employés est trop générale, est trop vague, deux fois par an. En plus, il n’y pas de relation entre l’augmentation salariale et l'évaluation! Il semble que l'évaluation est seulement formaliste. L'évaluation n'a pas de sens. Nous avons également un très fort taux de rotation ici : de nombreux collègues sont partis parce qu’ils n’avaient pas pu avoir une augmentation de salaire et une promotion après plusieurs années de travail.


Un autre interviewé déclare :


Selon moi, si on fait une comparaison avec les entreprises américaines Je pense que les entreprises françaises, si on fait une composition avec les entreprises américaines, les mauvaise places ont une mauvaise « place » (note). Tout d'abord, l’entreprise française est un peu comme les la chinoise, il y a beaucoup d’importance est donnée à la relation et le au facteur interpersonnel, et ils sont souvent plus importants que le résultat de travail. Bien que le même phénomène existe dans certaines d'autres entreprises, mais il est plus visible dans les société françaises. En second lieu, l'efficacité de l’entreprise française est pire que celle des entreprises des
États-Unis. Peut être parce que cela s’explique par le mode de communication, car dans les entreprises américaines on communique plus directement, mais alors que dans les entreprises françaises, la communication dépend souvent des relations interpersonnelles, ce qui parfois en réduit l’efficacité. Troisième lieu, la société française est parfois très machinale et routinière, pas très flexible. Pour les bons cotés, j'aime le goût esthétique des Français et l’importance donnée à la qualité du du produit, mais probablement en raison de relations industrielles, dans mon industrie, les produits français sont plus raffinés que produit des États-Unis.


3) Interviewé dʼune entreprise italienne


De cet entretien, il apparaitrait que dans l’entreprise italienne, ainsi que dans d’autres entreprises européennes, la direction est lâche, ou que les normes de gestion moderne manque L’interviewée raconte :


Pour la plus grande société italienne de vêtements, je suis allé étudier en Italie pendant 5 ans un système de logistique qui devait être intégralement copié sur le continent asiatique. Les Italiens pensaient que c'est un système très efficace, mais je pensais personnellement qu’ il était nettement moins bon que les systèmes des États-Unis et du Japon, donc je pense que ce était pas la peine de l'étudier pendant cinq ans. J’ai essayé d'avoir une communication, mais cela a échoué, les italiens continuaient de penser que la valeur du système demandait 5 ans d d'apprentissage. Au final,  j’ai démissionné.
J'ai contacté de nombreux pays d'Europe. entreprises européennes et les entreprises chinoises sont plus proches de l'examiner de façon sérieuse, en effet, dans le relativement lâche; français, grec, les entreprises italiennes, avec la Chine la différence n'est pas grande. Dans les entreprises européennes le travail est bon, meilleur que dans les entreprises chinoises. Dans les entreprises nord-américaines, le travail semble plus détendu et agréable, à de l'intérieur, la concurrence est intense, la volonté individuelle est très importante. Bien que j'apprécie ce genre de compétition, je n’y suis pas adapté, je pense avoir été adapté pour les entreprises européennes et chinoises.


4) Interviewé dʼune entreprise espagnole


Lʼinterviewée indique que le plan de travail de la société espagnole est relativement simple, et que le rythme de travail nʼest pas rapide, donc il nʼy a pas beaucoup de pression. Elle dit:


Notre environnement humain, dans l'ensemble, est bien. Il y a le voyage de business en Espagne chaque année, mais il n’est pas fatiguant, alors je l'aime bien. ... Le rythme de travail n’est très intense je pense. Généralement, le patron nous donne une tâche et on la fait. Il n'y a pas le contenu du travail fixe, il n'y a pas de plan annuel aussi. La tâche n'est pas très importante, ça va. Parfois il y a trop beaucoup de travail, vous pouvez parler au patron, et le délai de réalisation peut être retardé.
Il y a très peu de promotion., Mais le revenu a augmenté une fois. L’ augmentation dépend du le patron, il n'existe aucun système., Si la performance est bonne, le patron vous donnera une augmentation. Son taux n'est pas de beaucoup, mais le salaire n'est pas mauvais. Comme si, comme ça. Il n’y pas beaucoup de vacances. L'employé espagnol peut être en vacance pendant longtemps l’été, mais nous ne pouvons pas. Cela est malheureux, et très injuste. Mais quand les cadres sont en vacances, nous n'avons pas beaucoup de travail en fait. Ce soit la période le plus libre dans le travail.


5) Interviewée dʼentreprise suédoise


Lʼinterviewée dʼentreprise suédoise se sent tout à fait positive, surtout pour lʼorganisation et sa mise en œuvre. Elle a dit comme ci-dessous:


Les Suédois sont très bien à ensemble, ils sont plus attentifs aux
étrangers. Les Suédois je trouve que leurs caractères sont plus simples, même si le niveau culturel n'est pas élevé, c'est relativement facile d’être ensemble. La culture d'entreprise ici est calme. La direction de la société est également plus humaine, par exemple, l'entreprise paie pour le dîner ensemble, pour le gâteau, pour l'exposition d’art, pour le jeu de sport, et plus encore. L’entreprise n'a pas un appareil à carte (pour vérifier votre temps de travail). Alors je suis très aise, je doit faire le travail entre 10 heure à 14 heure, et les autres heures sont libre au choix, tôt ou tard, et vous pouvez faire à la maison si vous voulez. Les tâches sont négociables. Si on a fini les tâche, le reste est libre. Nous avons ici les pauses-café obligatoire, tous les matin et tous les après-midi, et on n’a pas l’autorisation à travailler, tout le monde reste. C’est une relaxation complète. Les Suédois ne se pressent pas de faire des tâches, mais ils ne font pas traîner les choses, ils assurent le plan et font le suivi.

Après le démarrage de travail, la loi donne comme règle de donner une augmentation la deuxième année. J’était un nouvel employé et, bien qu'étant un étranger, le patron ne m’a pas trompé. Et on a beaucoup de vacance, 6 semaines dans l'été.


Il faut tenir compte tenu du fait que l'interviewé travaille en Suède et les lois sont différentes en Chine. Donc, les opinions sur la croissance du revenu et les vacances ne peuvent pas être mises de comparaison avec les opinions d'autres interviewés.

dimanche 27 mai 2012

Les 6 défis de Tim Cook, nouveau P-DG d'Apple

Par Jérome Durel |


Au moment de son départ Steve Jobs a désigné son remplaçant. C'est Tim Cook qui lui succédera à la tête d'Apple. CNET vous propose de découvrir les 6 plus gros défis qui attendent le nouveau patron.


Les 6 défis de Tim Cook, nouveau P-DG d'Apple

Chose rare dans l’univers Apple, la démission de Steve jobs de son poste de CEO (l’équivalent du PDG dans la langue de Shakespeare) d’Apple n’a fait l’objet d’aucune rumeur préalable. Le choc n’en a été que plus violent et à voir les articles qui ont été écrits à ce sujet, enfin autour du sujet, on a l’impression que « Steve » est mort, il manque juste une nécrologie en bonne et due forme.
Toujours est-il que P-DG est parti, et qu’il faut bien que quelqu’un endosse le rôle de directeur de l’entreprise « la plus innovante du monde ». C’est donc Tim Cook qui a pris la place de Steve Jobs. Les fidèles de la marque à la pomme connaissent déjà relativement bien monsieur Cook qui a géré les opérations courantes de l’entreprise durant les précédentes absences de Steve Jobs.
Mais nous le savons, Steve Jobs est une iCône ! Les fanboys en tous genres, ne peuvent donc que voir Tim Cook d’un œil suspicieux. Mettons les choses au clair d’emblée, il y  a peu de chance que le nouveau patron s’écarte que de la ligne directrice de la firme.
D’une part car cela fait plus de  12 ans que le fils est à la droite du père, il s’est donc largement imprégné de la culture Apple (qui a parlé de religion ?) et d’autre part car Steve Jobs n’a pas disparu, il a même connu une résurrection au conseil d’administration de Cupertino. Enfin, même si ce n’est plus son rôle officiel, il est bien évident que l’ex-patron jettera un œil sur les produits et qu'il ne sera pas avare en conseils.
Cependant, de nombreux défis attendent le nouveau PDG, CNET UK a établi la liste des 6 principaux qu'il devra relever.

Fabriquer assez d’iPhone 5

Les rumeurs autour des appareils iOS battent leur plein, le nouveau patron n’a plus de décision à prendre en termes de fonctionnalités pour l’iPhone 5 et l’iPad 3. Son plus gros challenge pour le moment est donc d’assurer le bon déroulement de la production et de garantir un approvisionnement suffisant pour éviter la rupture de stock.
Il ne manque pas d’expérience sur ce point, lorsqu’il était à son ancien poste, il a eu maintes fois l’occasion de signer les contrats avec les sous-traitants pour garantir le bon déroulement des opérations. C’est un défi, mais il n’est pas nouveau. Pour le moment, il y a fort a parier que le succès d’Apple en 2012 s'appuiera plus sur sa capacité à garantir la disponibilité des produits que par ce que fera la concurrence.

Empêcher iCloud de devenir Mobile Me

À court terme, il n’y a plus de grosses décisions à prendre pour iCloud, du moins pour le lancement. Toujours prévu pour l’automne avec iOS 5 ce nouveau service permettra aux utilisateurs de sauvegarder leur musique, photos, livres, applications et documents sur les serveurs d’Apple, et ainsi permettre un accès depuis l’ensemble de ses appareils.
Mettre en place les infrastructures est chose faite, une tâche d’ailleurs accomplie par Cook lui-même, tout comme les négociations avec les ayants-droit et la stratégie financière.
Le défi est le suivant : garantir la qualité du service alors des millions de personnes vont s’inscrire et uploader des tonnes de données vers les serveurs tout en planifiant l’avenir d'iCloud. La dernière chose dont la firme à la Pomme a besoin, c’est de se retrouver avec un nouveau Mobile Me sur les bras.

Faire du social

Si Apple a un point faible c’est bien les réseaux sociaux. Même si l’entreprise possède Ping et le Game Center, il y a beaucoup de place pour les améliorer. Facebook par exemple n’est pas encore aussi bien intégré dans iOS qu’il pourrait l’être.
Apple déjà fait quelques pas vers Twitter en l’intégrant dans iOS 5. Il faudra que Tim Cook et ses équipes dégagent une stratégie claire sur ce qu’Apple veut faire avec les réseaux sociaux et comment trouver sa place à côté de Facebook et des start-up similaires.
Le récent lancement de Facebook Messenger est un concurrent direct au service iMessage intégré dans iOS 5, cela montre comment les deux entreprises peuvent être compétition. Surtout alors que le projet « spartan » a pour objectif de porter les Facebook apps dans le navigateur iOS, ce qui sera aussi un concurrent à l’App Store.
Beaucoup d’autres choses sont certainement à venir. Réduire l’écart entre les 200 millions de possesseur d’appareils iOS et les 750 millions d’utilisateurs de Facebook est clairement un chemin à suivre pour Apple dans les années à venir.

Arrêter la folie des brevets

On ne va pas revenir sur la guerre des brevets et les diverses procédures impliquant Apple. Les avocats sont devenus des acteurs à part entière sur le marché des smartphones et des tablettes. Le dernier exemple étant l’injonction contre Samsung en Europe.
Le travail du PDG sera de juger avec discernement quand il est judicieux ou non d’attaquer jusqu'à ce que la tension retombe et que tout le monde se concentre sur l’innovation.

iPhone 7 et iPad 5

L’iPhone 6 et l’iPad 4 sont déjà bien plus qu’une ébauche chez Apple, et l’entreprise aime prendre de l’avance, Steve Jobs a déjà eu des décisions à prendre à ce sujet, tout comme Tim Cook  notamment sur le plan des premiers contrats pour que tout se passe en douceur .
Mais dans deux, trois, cinq ans ou plus Cook aura pour plus grand défi que maintenir Apple au meilleur de sa forme et de permettre à l’entreprise de continuer sa croissance en développant les nouveaux iPhone,  iPad, Mac, mais aussi les services qui les entourent. Il faudra aussi surtout garder cette culture Apple, le patron y est pour une grande part, mais ce n’est pas le seul ingrédient.
Une des plus lourde tâche de Tim Cook sera de dire « non ». Steve Jobs disait d’ailleurs que les produits qui n’ont pas été lancés sont aussi importants que ceux qui l’ont été, le directeur rejetant les produits qui n’étaient pas jugés prêts pour le marché.
Si l’idée de mettre en circulation un iPhone qui ne soit pas suffisamment abouti est impensable pour le moment, le PDG devra faire en sorte que cela le reste.

Faire face à l’ancien boss

Dans beaucoup d’entreprises, quand l’ancien patron traîne dans les parages - surtout quand il est aussi charismatique que Steve Jobs – et qu’il jette un œil sur les agissements de son remplaçant, cela se passe souvent mal. Mais cela ne devrait pas être le cas ici.
Pour commencer, Tim Cook s’est déjà occupé des opérations quotidiennes pendant les congés maladie de « Steve », il a même endossé son rôle en montant sur scène durant la WWDC en juin dernier. Cela laisse penser qu’il y a une véritable synergie entre les deux hommes, il n’y aura pas de concurrence entre le deux, le nouveau n'aura pas à s’imposer par rapport à l’ancien.
De plus, ici Tim Cook n’aura pas à asseoir son autorité, son rôle sera surtout de d’assurer la continuité de l’entreprise et s’assurer que la culture du design reste inscrite dans l’identité Apple.
 Article initialement publié par CNET UK
Jérome Durel
Jérôme fait partie des jeunes protégés de la rédaction. Etudiant en journalisme et accro aux technologies, il est actuellement stagiaire sur la rubrique mobilité, il collabore ponctuellement avec la rédaction, notamment lors de salons comme le CES ou le MWC. Signe particulier : écrit peut-être encore plus vite qu'il ne parle.

Apple refuse des bonnes idées « tous les jours » et ne croit pas aux netbooks

A l’occasion d’une conférence avec des analystes financiers, Tim Cook, le directeur des opérations chez Apple, a déclaré qu’il refusait de bonnes idées de produits ou concepts « tous les jours ». Toujours pas de netbooks prévu du côté de la marque à la Pomme.


Apple refuse des bonnes idées « tous les jours » et ne croit pas aux netbooks

Tim Cook, le COO (Chief Operating Officer) d’Apple s’est livré à une très instructive session de questions réponses à l’occasion de la Tech Conférence organisée par la banque d’affaire Goldman Sachs. Outre le fait que le remplaçant (temporaire) de Steve Jobs ne croit pas une demi-seconde à la pérennité du marché des netbooks, il a aussi donné quelques indications intéressantes sur la façon de travailler au sein de sa société. Par exemple, le fait que l’équipe de direction «dit non tous les jours à de grandes idées dans le but de rester focalisé sur un petit nombre de choses et d’y consacrer un maximum d’énergie, afin de livrer les meilleurs produits au monde. »

Il a aussi clarifié la position de sa société au sujet de l’Apple TV, qualifié de « hobby », car ne générant pas des volumes aussi conséquents que les autres produits Apple (ordinateurs, iPod, iPhone). Pour autant, Apple ne compte pas abandonner son boitier TV, considérant qu’ « il y a toujours quelques choses à faire dans ce domaine ». C’est noté ! (Eureka Presse)

vendredi 11 mai 2012

Le "Mal-recrutement" des informaticiens en France

Ingénieurs informatiques : les employeurs déclarent des difficultés de recrutement


Chiffres - Dans son enquête besoins en main-d’œuvre, Pôle Emploi comptabilise en 2012 28.000 projets d’embauche de cadres et d’ingénieurs de l’informatique. Les employeurs estiment toutefois éprouver des difficultés à réaliser ces embauches, ou comment faire rejaillir le spectre de la pénurie présumée.
Selon les résultats 2012 de l’enquête sur les besoins en main-d’œuvre des entreprises réalisée par Pôle Emploi, les postes « d’ingénieurs, cadres études & R&D informatique, responsables informatiques » figurent parmi les 10 métiers les plus recherchés cette année. Cette filière est classée comme la première pour l’emploi des ingénieurs et des cadres.
Pour ces métiers, Pôle Emploi comptabilise un peu plus de 28.000 projets d’embauche de la part des entreprises. Sans surprise, les principaux gisements pour ces emplois IT sont les régions parisienne, Rhône-Alpes et Midi-Pyrénées - et dans une moindre mesure le nord et l'ouest de la France.
62,3% des projets d'embauche jugés difficiles
Mais ces métiers de l’informatique se classent aussi dans un autre palmarès, celui des métiers assortis de difficultés de recrutement. 62,3% des projets d’embauche sont ainsi jugés difficiles par les recruteurs.
Faut-il y voir l’illustration de la pénurie de profils régulièrement invoquée par le patronat, et en particulier Syntec numérique ? « Tous les chefs d’entreprise du numérique vous diront qu’il y a un problème de pénurie de ressources […] Mais en parlant des chiffres on oublie l’essentiel. L’essentiel, c’est que la France ne produit pas assez d’ingénieurs, et en particulier en informatique » commentait encore son président en avril.
Cependant, pénurie et difficultés de recrutement ne sont pas nécessairement synonymes. Par ailleurs, ces difficultés remontées par les employeurs, essentiellement les SSII, ne sont pas nouvelles, et restent à un niveau élevé aussi bien en période de croissance que de récession.
Difficultés n'est pas pénurie
Une étude de Pôle Emploi parue fin 2011 relativise ces difficultés de recrutement et conteste « fortement la portée des supposées "pénuries de main-d’œuvre" fréquemment invoquées par les employeurs des SSII, en particulier lorsque la conjoncture est propice. »
Le Munci enfonce le clou et « dénonce la confusion trop fréquente entre "difficultés de recrutement" et "pénurie de main d’œuvre" », estimant ainsi que « les tensions dans l’informatique s’expliquent autrement que par un prétendu manque de candidats formés ». Gestion à court terme et manque d’attractivité des emplois proposés sont ainsi directement pointés du doigt.
Suivez Twitter facebook Flux RSS Newsletters ZDNet.fr

RéagissezRéagissez - 11 commentaires

  • Ne soyons pas dupes... le problème vient des 2 côtés.
    Nous on recherche certains profils assez calibrés. On est pourtant une petite boite qui marche bien, au soleil, à côté de la mer, mais on en trouve personne...
    Non pas qu'il n'y ait pas de gens assez qualifiés, mais personne dont l'état d'esprit est compatible avec la vie d'une petite boite jeune qui grandit, ou avec le métier du conseil...
    On voit des personnes qui ont passé trop de temps dans des grosses structures...

    Donc oui, l'employeur doit faire un effort pour être attractif, et oui il y a un problème pour trouver des profils adaptés, en tout cas du point de vue d'une petite structure, et du point de vue du métier du conseil. Et le déficit est sur le savoir être, pas les savoir-faire
     
  • Effectivement, le problème vient des 2 côtés, et les efforts doivent être fait des 2 côtés.

    Toujours est-il que je veux bien connaître le type de profil que vous recherchez ;-)
     
  • Moi de même, je veux bien connaitre les profils recherchés :)
     
  • Effectivement j'ai bien ressenti qu'ils ont des problèmes pour recruter...
    J'ai mis à jour mon CV sur les grandes plateformes (RegionsJobs, etc.) et en 3 semaines j'ai eu plus de 20 appels... Ca devient même vraiment embêtant quand le but était vraiment de simplement faire une mise à jour, pas une remise sur le marché de mon profil.
     
  • " essentiellement les SSII", cela m'étonne pas.
    Faut rappeler que les offres en France sont totalement "débile" dans plus de 50% des cas.
    On demande des compétences énormes pour un salaire tout petit.
    On voit souvent des demandes de dev sachant coder Python/java/php sachant manier Photoshop, reseau etc etc => payer 1500e ....
    Avec une experience de 5ans mini

    Non mais sans déconné c'est abusé...
    J'ai cherché du travail quelques mois et au final je suis partis a l'étrangé ou j'ai trouvé un travail en 1 semaine, mieux payé, et encore je ne suis pas avare sur le salaire.

    On trouve de meilleur postes, pour de meilleur salaire, pour une meilleur ambiance en dehors de la France facilement.
    Je pense que les SSII devraient tout simplement arrter d'exploiter les jeunes de cette manieres

    Il est peu etre vrai aussi que en ce moment la motivation des jeunes chutes dû a divers raison, mais je pense que du coté entreprise il faudrait vraiment changer.
     
  • tu recrute ou ? tas une offre sur un site (apec ... ) ?

    Merci ;)
     
  • Annoncer une pénurie c'est une façon d'inciter l'état et les candidats à mettre des moyens de formation ou à se diriger vers cette filière. Au bout du compte ça donne un pool de recrutement plus important et ça permet d'éviter l'augmentation des salaires.

    Le secteur IT reste très prometteur, mais il faut prendre les annonces des SSII pour ce qu'elles sont: de la com'
     
  • Le recrutement en SSII est souvent fait par des commerciaux qui procèdent souvent par recherche de mots clés entre l'annonce et le CV. Bien souvent ça donne des choses assez drôles qui font tout sauf favoriser le potentiels et l'évolution des candidats.

    Je ne jette pas la pierre, j'ai bossé pas mal en SSII et j'y ai fait des missions intéressantes, mais il faut savoir gérer sa carrière et se vendre en interne, sinon c'est 15 ans de presta à ne rien apprendre dans un gros compte qui ne vous embauchera jamais.
     
  • En même temps, si on considère qu'on est un sénior dans cette profession à 30-35 ans, et qu'on
    préfère éviter les vieux développeurs, alors oui, il ne faut pas s'étonner de la pénurie.

    Si on ne change rien, alors il vaut mieux raccourcir le temps de formation pour augmenter le
    temps de carrière. A quoi cela sert de faire un BAC+5 pour une si courte employabilité ?

    Cela coute cher à l'Etat, et il y a pénurie de main d’œuvre inexpérimentée et pas chère: un DUT et cela suffira bien ! D'autant plus qu'on commence par une série de stages, alors autant prendre de l'avance.

    Après, pour aller à la retraite jusqu'à 67 ans (j'anticipe, mais c'est quand même pas de la SF), il
    faudra trouver un autre métier (s'inspirer des footeux qui apprennent un métier en parallèle de leur
    formation initiale ?).

    Oui, en fait, cette "pénurie" est très révélatrice de l'état de notre société.

    Et cela explique un peu mon ironie et mon ton légèrement désabusé.
     
  • La pénurie d'informaticiens est un leurre, même l’APEC le disait il y a quelques années et c’est toujours d’actualité :
    SSII, le trompe l’oeil de « l’effet pénurie »
    http://cadres.apec.fr/Emploi/Marche-Emploi/Enquetes-Apec/Enquetes-2006/Pratiques-de-recrutement-des-SSII/SSII-le-trompe-l-oeil-de-l-effet-penurie

    Les motivations des SSII sont évidentes : plus de flexibilité dans les recrutements, des candidats sur mesure donc pas besoin de les former (réduc des coûts) et surtout, surtout… meilleure maitrise des salaires !
     
  • Ce sont bien des cadres et des ingénieurs qui manquent.

    Le problème? Il y a plus de places que de candidats en école. Le niveau est tombé tellement bas que certaines écoles préfèrent commencer l'année avec une promo incomplète plutôt que d'intégrer des boulets qui donneront une mauvaise image en sortie d'école.

    Quant à ce que ça coûte à l'état, faut voir combien ça fait d'impôts sur le revenus, un salaire d'ingé. Au final, c'est un investissement.

    Il y a aussi des soucis d'attractivité. Ingénieur, c'est assez difficile comme formation (pour ceux qui passent par une prépa notamment) et ça débouche sur un métier des plus stressants, encore mal reconnu et qui rapporte pas tant que ça pour un Bac+5

Formation par "serious game"


Repris de exclusiverh.com/serious-game



Michelin forme ses 3 000 commerciaux avec un serious game Pour maîtriser le risque juridique lié, sur le terrain, au respect du droit de la concurrence par ses équipes commerciales Michelin a opté pour une approche à la fois pédagogique et ludique, le « serious game ». Tout en continuant de s'appuyer sur des méthodes de formation traditionnelles.

Former et sensibiliser

Pour un groupe international et côté en Bourse la maîtrise du risque juridique est un enjeu majeur, tant en termes financiers qu'en termes d'image. Pour Michelin, ce risque porte un nom : antitrust, c'est-à-dire tout ce qui touche de près ou de loin au respect du droit de la concurrence. « Il s'agit surtout d'un droit comportemental, explique Laurent Geehand, directeur juridique Europe de Michelin. Mais quand vous avez trois milles commerciaux sur le terrain, vous ne pouvez pas mettre un avocat derrière chacun d'eux. »

Tout est donc affaire de formation et de sensibilisation. Pour faire passer le message, Michelin a opté pour une technique de communication assez inattendue, mais de plus en plus prisée, le serious game. Le serious game est une déclinaison pédagogique du jeu vidéo. Il est utilisé par les entreprises notamment à des fins de communication ou de formation. Pour Michelin, « l'objectif était de développer quelque chose de ludique et de fun autour d'une thématique aride mais incontournable : la conformité juridique », souligne Laurent Geelhand. Après avoir consulté différents prestataires spécialisés, le choix de Michelin s'est arrêté sur Daesign.

Mission Antitrust

Ainsi est né, après une année de gestation, Mission Antitrust, le premier serious game dédié aux équipes commerciales de Michelin. « Ce projet transverse a demandé énormément d'investissement sur le plan humain, indique Laurent Geelhand. Il s'agit d'une première en termes de modalité de formation au sein du groupe. Le scénario a été décrit par notre responsable Antitrust, en collaboration avec les équipes commerciales, notre département Formation et Daesign. »

Mission Antitrust est un jeu de simulation, doté d'un simulateur de dialogue, appliqué au respect du droit de la concurrence. Pour jouer, le commercial reçoit un lien par email. Dans le jeu, son avatar est mis en situation professionnelle réelle. Le joueur doit ainsi choisir entre trois réponses possibles : une réponse illégale, une réponse juste d'un point de vue juridique mais peu pertinente au niveau commercial et la bonne réponse.

Une formation ludique

Selon le directeur juridique Europe, « l'atout principal du serious game est de rendre la conformité juridique. En effet, ce genre de thème juridique est relativement difficile à appréhender. La meilleure façon d'apprendre est donc de jouer ».
Après une année de déploiement, les retours sont extrêmement positifs : l'image de la direction juridique a profité de cet engouement interne pour le serious game. Laurent Geelhand confirme « le département juridique fût le premier à utiliser le serious game. Désormais, le département formation lui-même s'intéresse à cet outil. Le déploiement d'une nouvelle solution est d'ailleurs en phase d'étude et devrait voir le jour en 2013 ».

Nathalie Siharath

jeudi 3 mai 2012

Facebook : l'intime dévoilé

Adieu Facebook, je t’aimais bien

Recadrage | Facebook n’en finit pas de gagner du terrain sur l’intimité de ses abonnés. Au grand dam de notre reporter Nicolas Delesalle, fan au bord de la rupture.

Le 26/04/2012 à 15h24
Nicolas Delesalle - Télérama n° 3250
Illustration : Emmanuel Ferrari.
Comment en est-on arrivé là ? Quand tu as débarqué dans nos vies, fin 2007, on t'a d'abord regardé de biais. Tu avais 3 ans. Tu sentais le neuf. Tu venais des Etats-Unis. De Harvard. A quoi pouvais-tu bien servir ? Par curiosité, on a commencé à te fréquenter. Tu nous as montré des jeux, on y a tué quelques heures, avant de se détourner. Mais tu devenais populaire, du monde tournait autour de toi, tu nous permettais de renouer avec des amours perdues, des amitiés accidentées, des copains de collège. Nos préventions sont tombées.
Grâce à toi, on organisait des fêtes en trois clics, on pouvait papoter à quatre sur messagerie pour décider d'un ciné, on partageait le dernier lien en vue, et pas seulement du léger, mais des articles politiques, des infos sur les crises. Tu as même participé aux révolutions arabes, en Tunisie ou en Egypte. En échange, tu ne demandais rien, un nom, un prénom. Certes, on pouvait ajouter des photos, apposer des « like » sous des statuts, des films, des disques, des séries, des marques, mais on n'y était pas obligé. C'était facile de ne pas dévoiler sa vie privée. Exposer l'épaule sans montrer le sein.
On a commencé à te trouver utile, on partageait emmerdes, joies, surprises, indignations. On cherchait des contacts. Tu es devenu un outil. Tout le monde est venu. Neuf cents millions de personnes. Toutes les marques. Les choses ont commencé à déraper quand tu t'es mis aux publicités ciblées. Les célibataires en recevaient pour des sites de rencontres, les chauves, pour des bonnets. Tu t'es excusé. Tu as dit que tu avais besoin des revenus de la pub, c'est grâce à elle si tu étais gratuit. On a aussi appris que tu conservais tout ce qu'on te disait depuis ta création, des péta-octets d'infos, même quand on te quittait. Pour ça, tu n'as jamais donné d'explication.
Par lassitude, on a fini par jouer les victimes consentantes. Prends ce qu'on aime, prends nos noms, vends-les si tu veux, on s'en fiche. Grâce à toi, des couples se font et se défont, et la vie suit son cours, et on organise des fêtes si simplement... Et puis, en 2011, tu nous as servi la « timeline », le « journal », ta nouvelle interface : grâce à toi, disais-tu, toute notre vie serait résumée sur une page, une frise intime. C'était un peu ridicule et même Nicolas Sarkozy s'y est mis. La goutte de trop est tombée sur notre profil avec ton application Open Graph. qui permet à tous nos amis de savoir en temps réel quelle musique on écoute sur Spotify, quelle vidéo on regarde sur Dailymotion.
Tu ne vends plus ce qu'on aime, tu vends ce qu'on fait, ce qu'on est, parfois malgré nous. Il faut aujourd'hui un doctorat pour verrouiller tous les judas que tu ouvres sur nos comptes, sans nous prévenir. Bientôt, tu diffuseras peut-être nos SMS en direct avec SFR et l'heure à laquelle on baise avec l'application Dunlopillo. Si tu ne comprends pas qu'on aimerait bien pouvoir regarder des vidéos débiles sans le clamer à la Terre entière ou écouter l'album de Christophe Hondelatte sans avoir à se justifier, ça veut dire que tu ne nous comprends plus. Et quand on ne se comprend plus, généralement, Facebook, on se quitte.
Facebook en quelques dates
4 février 2004 : création de Facebook par Mark Zuckerberg dans sa chambre de Harvard.
26 septembre 2006 : ouverture du site à toute personne âgée de 13 ans et +.
Septembre 2009 : 300 millions d'utilisateurs. L'entreprise devient rentable.
2012 : 900 millions d'utilisateurs. Facebook rachète Instagram pour 1 milliard de dollars.

mardi 1 mai 2012

Visualisation des flux de données : un nouvel art ?

reproduit de slate.fr

 Toutes les data d'une révolution

La visualisation de données peut offrir des points de vue uniques sur les révoltes sociales. Et les data-artistes n'en sont qu'à leurs débuts...

Geography of Twitter replies / Walkingsf via Flickr CC License By - Geography of Twitter replies / Walkingsf via Flickr CC License By -
Au premier coup d’oeil, vous ne savez pas vraiment ce que vous regardez. Ce pourraient être des brins d’ADN mitochondrial, ou du sperme en train de féconder un ovule, ou peut-être le produit d’une union incongrue entre une créature marine et une boule de poils. Tandis que la chose grossit, elle passe par une série de mutations de plus en plus complexes, pour finir comme une sorte d’Étoile noire en chantier.
Ce que vous êtes en train de regarder, ce sont des données, ou pour être plus précis, une représentation visuelle de tweets et de retweets publiés pendant une période de quelques heures le 11 février 2011, juste après la démission du président égyptien Hosni Moubarak.

Omniprésence des données numériques

Plus que jamais auparavant, nous vivons dans un univers de données. Avec les smartphones et la possibilité de partager publiquement des wagons d’information sur les réseaux sociaux, notre empreinte numérique est partout, de ce que nous likons sur Facebook jusqu’à nos cartes de fidélité en passant par nos virements bancaires via smartphone.
Cette explosion de données s’est accompagnée de nouveaux moyens de les représenter. Depuis les cunéiformes sumériens jusqu’aux diagrammes en camembert, les symboles visuels transforment l’abstrait en concret, nous aident à voir des structures et des interactions que nous n’aurions pas perçues sans eux. Plus les données sont importantes, plus les images qui les représentent sont utiles, et jamais dans l’histoire humaine nous n’avons eu à faire face à des flots de données aussi importants que ceux qui déferlent sur nous aujourd’hui. 
De tous les phénomènes sociaux qui invitent à l’analyse, peu sont aussi complexes ou aussi volatiles que les révolutions. Les petabytes de données issues des réseaux sociaux générés par les soulèvements du Printemps arabe sont un terrain fertile pour les chercheurs en sciences humaines qui étudient ces évènements. Depuis des années, nous prenons des photos de manifestants et de manifestations et maintenant le nouvel univers de données disponibles nous permet potentiellement de cartographier le flux et et le reflux des idées qui les portent, quelque chose comme une technique d’imagerie par résonnance magnétique pour visualiser les mécanismes du changement dramatique.

Au départ, les mouvements sociaux iraniens

L’intérêt pour le rôle des réseaux sociaux a explosé pour la première fois en Iran lors des troubles post-électoraux de 2009. Dans son «Retweet revolution», Gilad Lotan, graphiste et chercheur en informatique, a cherché les sujets de conversation sur Twitter autour de hashtags populaires tels que #iranelection, #ahmadinejad, et #moussavi. En représentant visuellement les flux, Lotan explique que nous pouvons «mettre un visage» sur un public, comme, par exemple,  dans ce projet frappant sur le Printemps arabe réalisé par Lotan et ses collaborateurs.
En 2011, Kovas Boguta a magnifiquement cartographié le «Réseau d’Influence Egyptien», représentant les utilisateurs arabophones et anglophones de Twitter, et peut-être, de façon plus frappante encore, les points nodaux qui s’étendaient au-delà de la barrière de la langue.
Pour les chercheurs en sciences sociales, les grandes bases de données et les visualisations se montrent déjà des outils intéressants. En écrivant sur les diagrammes des tweets sur la crise post-électorale de 2009 en Iran, le chercheur Devin Gaffney a compris qu’en utilisant des nuages de tags, «nous pouvons identifier les termes-clef utilisés dans les tweets», comme il l’écrivait alors:
«En regardant différents nuages de tags dans le temps, nous pouvons peut-être même voir des termes refléter un changement général, de la conscience/le militantisme, vers l’organisation/la mobilisation, et finalement l’action/la réaction.» 
Les chercheurs utilisant les données peuvent aussi cartographier l’évolution des idées au fil du temps. En 2008, John Kelly, de Morningside Analytics, une société spécialisée dans l’analyse des réseaux sociaux, a représenté visuellement la blogosphère iranienne. Lorsqu’il a fait la même chose un an plus tard et comparé les cartes, il a découvert que non seulement le nombre de blogs avait cru, mais également que de nouveaux segments avaient émergé.
Un de ceux-là, qu’il a surnommé «CyberChiisme», a révélé une augmentation très forte du blogging chez des usagers les plus portés sur la religion. Si cela pourrait témoigner d’un effort des milices pro-régime Basij de contenir les discours de la dissidence sur le Web, une autre théorie considère les données comme une preuve témoignant d’un débat de plus en plus intense sur la loi islamique et son rôle dans le système politique du pays.
La blogosphère iranienne en 2009

La blogosphère iranienne en 2008

Le cas du Printemps arabe

De la même façon, en regardant les données issues des réseaux sociaux qui ont émergé du Printemps arabe, il est possible  de voir des idées politiques se figer et prendre forme. En évaluant des données de 2010 à 2011, le Arab Media Influence Report, qui a capturé plus de 10 millions de conversations online par jour, a montré le discours est devenu politisé au début de 2011.
Lors du premier trimestre de 2010, 57% des conversations en arabe sur les réseaux sociaux incluaient des termes socio-économiques (tels que revenu, loyer, salaire minimum). En 2011, ce chiffre était tombé à 37%. En 2010, 35% des conversations sur les réseaux sociaux incluaient frd termes politiques tels que révolution, corruption et liberté). En 2011, le chiffre a bondi à 88%.
Bien sûr, nous n’avons pas vraiment besoin des réseaux sociaux pour apprendre que les sociétés arabes devenaient plus conscientes politiquement pendant la période précédant les révoltes. On peut penser qu’on serait arrivé à une conclusion comparable en s’asseyant dans des cafés du Caire pendant un an ou en suivant les débats dans la presse arabophone.

Visualiser des structures de façon inédite

La visualisation de données prend tout son intérêt lorsqu’elle nous permet de voir des structures que nous n’aurions pu distinguer sans elle, des structures qui peuvent être modélisées et appliquées à d’autres contextes. Si, comme certains sociologues le croient, la structure est prédestinée, alors les graphiques représentant des réseaux pourraient nous permettre de comprendre les cycles de vie des mouvements politiques, leur croissance potentielle et leur chute éventuelle.
Marc A. Smith, le directeur de la Social Media Research Foundation, une ONG californienne, explique: 
«Les tenants de la théorie des réseaux, et les sociologues en général, aiment penser que les caractéristiques du réseau d’une personne ont une influence égale, sinon plus importante, sur son succès ou ses échecs.»
Smith cite en exemple deux de ses visualisations du mouvement Occupy et du Tea Party sur Twitter. Dans ses représentations, le Tea Party se révèle un groupe aux liens plus serrés, dont beaucoup des membres se suivent les uns les autres, tandis qu’Occupy est constitué de noyaux moins liés, quelques comptes étant l’objet de nombreux retweets. En bas à droite des visualisations, on trouve une grille, une matrice d’«isolats», des gens qui parlent des idées d’Occupy ou du Tea Party, mais qui n’ont pas de liens avec les autres présents sur le graphique. Le nombre d’isolats est plus important pour Occupy, ce qui pourrait selon Smith indiquer un plus grand potentiel de croissance et une plus grande identification de la marque. 
Le Tea Party sur Twitter



Occupy sur Twitter

Lorsque l’on interroge les données, les réponses qu’elles nous donnent sont aussi intéressantes que les questions qu’on leur pose. Observer Twitter ne nous dit pas comment les forces d’Occupy de Zucotti Park se comportent, ni le bruit qu’elles font et quelle est leur odeur. (La twittosphère après tout, n’est pas tout l’univers.)
Mais comme le note Smith, analyser les données montre que la structure du groupe reflète sa propre description de mouvement décentralisé et populaire. «Il ne fait aucun doute que des données importantes peuvent être très utiles, affirme Zynep Tufekci, un sociologue de l’Université de Caroline du Nord. Mais cela est moins utile voire parfois  trompeur si elles ne sont pas analysées par des gens qui en comprennent le contexte.»

Twitter n'est pas le monde

Sans connaître le contexte de la pénétration d’internet ou du segment de la population qui utilise Twitter, les diagrammes représentant les réseaux d’usagers égyptiens de Twitter peuvent donner l’impression que Twitter a joué un rôle démesuré dans les troubles qui ont eu lieu en Égypte. On pourrait aussi avoir une vision exagérée du caractère libéral du Printemps arabe.
Mais plutôt qu’être largement représentatifs de la société égyptienne, ces utilisateurs de Twitter sont plutôt un sous-groupe d’élites éduquées et anglophones, ayant un intérêt pour les idées libérales. Ils témoignent peut-être autant d’une possibilité d’accès à internet que de ce qu’est la société égyptienne. (Gregor Aische, un graphiste allemand, a réalisé sa propre visualisation de la fracture numérique mondiale.)
Mais cela nous aide à nous poser une autre question. Si nous voulons analyser ce qui est à l’oeuvre dans l’esprit des plus influentes élites égyptiennes, alors les données des réseaux sociaux peuvent proposer des réponses intéressantes.  
«C’est peut-être juste un échantillon d’un segment réduit de la population, mais si c’est ainsi qu’ils s’organisent et communiquent, alors c’est un groupe important, affirme Noah Iliinsky, un expert de la théorie et la pratique de la visualisation. Je ne voudrais pas négliger cette population, simplement parce qu’elle n’est pas représentative.»

Des prédictions par les données?

Ce qui a initié l’excitation des entreprises, des gouvernements et des universitaires dans les données et leur visualisation, c’est la possibilité de détecter des structures en temps réel au lieu de cartographier les perceptions après coup, et même d’utiliser ces données pour réaliser des prédictions.
On voit déjà des cas où des données représentées visuellement permettent à des décideurs politiques de réaliser des choix rapides et informés dans le domaine de la santé publique, de la pauvreté ou de l’efficience énergétique. Google Flu Trends, qui évalue l’activité de la grippe dans le monde en temps réel en surveillant les recherches de mots clef, s’est révélé prédire des cas de grippe confirmés avec un niveau d’exactitude comparable à celui des Centers for Disease Control and Prevention. En 2010, des chercheurs ont réussi à prédire avec une précision de 87.6% les évolutions quotidiennes des valeurs de cloture du Dow Jones Industrial Average en analysant l’humeur des utilisateurs de Twitter.   
Est-ce que de telles techniques pourraient fonctionner pour prévenir les mouvements sociaux? L’ONU a lancé une initiative, Global Pulse, qui utilise les nouvelles technologies pour collecter, analyser et filtrer des informations pour aider les gouvernements et les organisations à mieux comprendre ce qui est à l’oeuvre dans certains groupes humains exposés à un risque. En 2010 et 2011, le groupe Ushahidi, célèbre pour son logiciel de visualisation en temps réel et de crowdsourcing pionnier, avait créé un site qui suivait les troubles potentiels lors des élections au Libéria.
De façon similaire, Associated Press a rapporté en novembre 2011 que la CIA traitait cinq millions de tweets par jour pour surveiller les changements révolutionnaires. (Bien sûr, ces même données pourraient être utilisées par des gouvernements répressifs qui souhaitent surveiller les oppositions et les troubles.)   

Evaluer taux de conversion d'un tweet

L'un des principaux problèmes se posant lorsque l’on tire des conclusions sur les transformations sociales fondées sur des données issues des réseaux sociaux, vient de ce que notre compréhension du taux de conversion pertinent est limitée. Tout comme les publicitaires et les communiquants politiques essaient frénétiquement de comprendre la relation entre les tweets et les dollars ou les votes, le taux de conversion du changement social est encore plus difficile à évaluer.
Quelles conclusions les chercheurs travaillant sur des données peuvent-ils par exemple tirer du volume de tweets pour évaluer la fréquentation potentielle d’une manifestation ? Est-ce que les sentiments exprimés dans les statuts Facebook peuvent être relevés pour produire une indication précise du soutien à Vladimir Poutine?
Étant donné que l’analyse des réseaux sociaux en est encore au stade de l’enfance, les réponses à ces questions restent vagues. La prétendue analyse des sentiments a toujours du mal à distinguer un simple bruit d’un signal d’alarme. Les diagrammes cartographiant les relations entre les utilisateurs de Twitter et les «likers» nous informent qu’il y a une population importante, mais ils ne sont pas d’une grande aide pour nous dire ce que pense la foule et pourquoi. Tandis que les programmes deviendront certainement meilleurs pour traiter des quantités énormes de données, ils restent plus adaptés pour compter que pour analyser. Les ordinateurs ont toujours du mal à percevoir l’argot, le second degré, les allusions.
Prenons par exemple ces tweets de DanielNothing, qui tweetait sur les émeutes de Londres le 6 août 2011:
«Vers Tottenham pour rejoindre l’émeute! qui en est? #anarchie»
C’est très clair, n’est-ce pas? Si des milliers de personnes avaient retweeté le tweet de Daniel Nothing ou tweeté de tels sentiments, la police aurait été bien avisée de déployer des forces en conséquence. Mais après cela, DanielNothing avait à nouveau tweeté:
«Attendez, il fallait comprendre du dernier tweet: "Posé sur le canapé avec le DVD d’Avengers et ma copine, qui en est?" Quel idiot je fais!»
Seuls les amis de DanielNothing pouvaient saisir à coup sûr ce qu’il voulait dire. Était-il simplement ironique? Ou est-ce que son premier tweet pouvait être pris au premier degré, le second pouvant être lu comme une tentative de masquer sa réelle intention ? Si un homme a du mal à comprendre le sens véritable, comme un ordinateur le pourrait-il ?

L'art complexe des réseaux sociaux

Déconstruire l’art complexe des réseaux sociaux n’est pas une chose facile. Nos émotions que nous exprimons peuvent ne pas toujours correspondre aux émotions que nous ressentons vraiment et nos préférences affichées peuvent ne refléter qu’approcimativement nos réels désirs. La signification culturelle et sociétale d’un retweet ou d’un «like» est plus complexe que l’on pourrait le penser et varie selon les sociétés et les plateformes. «Tout le monde n’évoque pas cela en mentionnant le phénomène», explique Fadi Salem, enseignant en gouvernance et innovation à la Dubai School of Government.
Les gens retweetent régulièrement des liens vers des choses qu’ils n’ont pas lues, pas nécessairement parce qu’elles sont d’accord avec elles, mais parce qu’elles jugent favorablement leur source ou en raison de la pression de leur entourage. «En ce moment, la plupart des analyses (des réseaux sociaux) ne sont pas seulement superficielles, mais également assez primitives, affirme Tufekci. On ne sait même pas si ces tweets étaient positifs ou négatifs, et ce à quoi correspond cette excitation».
En dépit de ces limites, la quantité de données est sans précédent et sera certainement amenée à transformer la recherche sociologique. «Nous recevons à présent des déclarations minute par minute de centaines de millions de personnes dans un format immédiatement lisible par une machine, déclare Smith. Cela n’était jamais arrivé auparavant.»
Trouver des motens plus innovants pour collecter, traiter, gérer et visualiser ces informations sera crucial tandis que des montagnes de données s’amoncelleront. Piers Fawkes, qui dirige PSFK, une entreprise d’analyse de tendances qui a travaillé pour le projet de l’ONU Global Pulse, soutient que le futur, riche en données, pourra témoigner non seulement des données des réseaux sociaux, mais également des (queries) de recherche, des (queries) sur You Tube, et des transactions financières.
Le mouvement open data réclame l’accessibilité au public d’un nombre de plus en plus important de groupes de données afin que chacun puisse en bénéficier. Les notions de vie privée seront certainement amenées à se déliter tandis que nous deviendrons plus à l’aise (ou inconscients), à l’idée de partager des informations nous concernant.
Tandis que de plus en plus de gens accdent à internet de par le monde, notamment grâce à leur smart-phone bon marché (il en existe aujourd’hui environ 4 milliards), des fluxs de données vont proliférer et la plupart des domaines de la société vont se révéler à travers différents types de données issues des réseaux sociaux. (L’an dernier, par exemple, l’utilisateur de Twitter @Arasmus a utilisé des informations venant de comptes Twitter pour cartographier les violences contre les manifestants démocrates en Libye.)

L'avenir de la recherche est-il dans l'open data?

Les défenseurs de l’open data sont excités par ces perspectives, tout comme le sont sans aucun doute certains gouvernements intéressés par des moyens plus sophistiqués de surveiller leurs citoyens. Les téléphones portables nous permettent de devenir des points nodaux dans un réseau de capteurs humains, nourissant ainsi des bases de données sur le temps qu’il fait ou l’état des pompes à eau. Des données importantes visualisées en temps réel peuvent aider à gérer la congestion du trafic ou à permettre au secteur médical de mieux allouer les matériels aux différents hôpitaux.
Pour Iliisnky, «la visualisation de données va nous fournir des connaissances importantes. Elle va nous faire prendre conscience de choses qui ont été trop dépendantes de données pour susciter des réponses satisfaisantes par le passé». Il explique:
«Nous trouverons des réponses plus rapidement si nous pouvons collecter et analyser les données plus rapidement que nous ne le faisions par le passé. Et cela va nous montrer des zones que nous avons pu négliger.»
Prenons le cas de Dataminr, une société d’analyse qui vient d’annoncer un partenariat avec Twitter qui va sans doute donner à la société un meilleur accès aux tweets et aux métadonnées. La société soutient que son système a eu vent de la mort d’Oussama ben Laden plusieurs minutes avant les médias, des minutes qui auraient pu permettre aux clients de la société d’anticiper des évolutions majeures sur les marchés.
Il ne faut pas s’attendre à ce que l’analyse des réseaux sociaux remplace demain les sondages, les réseaux d’alerte existants, ou encore les recherches ethnographiques traditionnelles. Mais si ces outils de visualisation de données peuvent tenir leurs promesses, nous aurons bientôt de nouveaux moyens puissants de raconter des histoires sur notre univers social avec une vitesse et une clarté qu’il aurait été difficile ne serait-ce que d’imaginer il y a quelques années. Si nous voulons saisir un instantané pertinent de la prochaine place Tahrir, utiliser un appareil photo ne sera plus notre seule option.
Luke Allnut
Traduit par Félix de Montety