lundi 22 octobre 2012

Il faut enseigner le logiciel libre en France


"Il faut enseigner le logiciel libre en France", plaide une tribune

Patrice Bertrand (CNLL), Roberto Di Cosmo (Irill) et Stefane Fermigier (GTLL du pôle Systematic) demandent que l'étude des logiciels libres, «désormais la base de l'informatique moderne», soit intégrée dans la formation des futurs ingénieurs. Pour leur valeur pédagogique et éthique, et pour les débouchés en termes d'emploi et d'économie.
Logos de logiciels libres«Il faut enseigner le logiciel libre en France», plaident dans Le Monde daté de vendredi 19 octobre 2012 trois personnalités de ce domaine: Patrice Bertrand, président du Conseil national du logiciel libre (CNLL), président de l'Open World Forum 2012 (OWF) et DG de SmileRoberto Di Cosmo, professeur d'informatique à l'université Paris-Diderot et directeur de l'Initiative pour la recherche et l'innovation sur le logiciel libre (Irill), et Stéfane Fermigier, président du Groupe thématique logiciel libre du pôle de compétitivité Systematic Paris-Region, fondateur deNuxeo et de Abilian.
Ils rappellent d'abord que «presque tous les aspects de notre vie dépendent directement ou indirectement d'une multitude de logiciels, et une grande partie de ces logiciels sont aujourd'hui des logiciels libres», et citent la récente circulaire du Premier ministre Jean-Marc Ayrault sur l'usage du logiciel libre dans l'administration.
Ces trois représentants du monde du Libre expliquent: «Nous croyons indispensable d'intégrer l'étude des logiciels libres dans la formation des futurs ingénieurs. Pour la grande valeur pédagogique des logiciels dont le code source est disponible, pour les valeurs éthiques de partage qui les mettent en adéquation avec les missions de l'enseignement public, mais, plus encore, parce que les logiciels libres forment désormais la base de l'informatique moderne.»
Un rôle pionnier dans la nouvelle ère
Rappelant le passage des ordinateurs individuels à l'après-PC, ils soulignent que «l'immense majorité des systèmes d'exploitation, langages et outils de programmation utilisés depuis plus de dix ans pour développer les services des géants du Web mondial comme Google, Facebook ou Twitter, mais aussi des start-up, petites ou grandes, sont des logiciels libres. Il en va de même pour une grande partie des briques logicielles embarquées dans les objets qui nous entourent, des téléphones aux tablettes, des "box" des fournisseurs d'accès à Internet au système nerveux de nos automobiles.
Le logiciel libre est au cœur des technologies qui accompagnent cette nouvelle ère, et il a joué un rôle pionnier dans l'émergence des modes de collaboration qui s'imposent aujourd'hui comme des gisements de productivité et d'innovation pour l'ensemble de l'industrie et des services: l'innovation ouverte, qui implique le partage et la collaboration des entreprises avec des partenaires externes; les wikis et les réseaux sociaux d'entreprise, qui décloisonnent l'entreprise traditionnelle; le développement "agile", qui permet d'accélérer la mise sur le marché de produits mieux adaptés aux besoins.»
Les trois auteurs demandent que l'on enseigne les programmes et les technologies du logiciel libre, mais aussi que l'on associe les étudiants à son développement. «Enseigner le logiciel libre nécessite un effort spécifique: il ne suffit pas d'utiliser des logiciels libres à la place de logiciels propriétaires, il faut expliquer les mécanismes employés pour permettre à des centaines de programmeurs éparpillés sur la planète de coopérer de façon cohérente sur des logiciels de plusieurs millions de lignes de code; on doit apprendre les notions juridiques, organisationnelles et économiques qui sont à la base de l'écosystème du logiciel libre. Il convient aussi de mettre en contact les étudiants avec les communautés de développeurs.»
«Un important gisement d'emplois futurs»
La tribune met aussi en avant l'impact économique des logiciels libres. Elle rappelle les études du cabinet cabinet Pierre Audoin Consultants (voir notamment son étude Open Source France 2012) qui évalue l'économie du logiciel libre à un chiffre d'affaires de 2,5 milliards d'euros en France, soit 30.000 emplois locaux, avec un taux de croissance de 30% de croissance par an. «Un important gisement d'emplois futurs», encore peu perçu « par le système éducatif actuel, pour qui les développements logiciels sont encore perçus comme une voie inférieure». Et une raison supplémentaire pour nos trois auteurs d'enseigner davantage le logiciel libre aux étudiants qui y trouveront des débouchés importants.
«Et il ne s'agit pas seulement des quelques centaines de sociétés spécialisées dans le logiciel libre en France puisque, selon une étude menée auprès de plus de 500 entreprises dans onze pays, plus de la moitié d'entre elles ont intégré le logiciel libre et open source à leur stratégie en matière de système d'information.»
Image: logos de quelques logiciels libres connus (Wikipédia)

jeudi 11 octobre 2012

Le paradoxe français : plus de technologie, moins de considération



Grace au codage électronique, en dématérialisant et unifiant les supports de l'information, la robotisation, l'informatisation et la télécommunication ont permis de connecter et gérer dans un même espace numérique, les matières premières, les machines, les équipements industriels et publics, les systèmes commerciaux, bancaires, managériaux.

Dans les pays développés, les interventions humaines mobilisent de moins en moins l’effort physique et consistent de plus en plus dans des opérations intellectuelles et relationnelles de conception, de préparation, de contrôle, d’ajustement et de négociation.

Un agent opérationnel n’est plus seulement une main d’œuvre : il devient un cerveau d’œuvre qui anticipe les nouvelles tâches avec la connaissance des impératifs commerciaux et logistiques, qui conçoit les outils avec l’ingénierie, un cerveau qui valide le produit ou le service avec le contrôle qualité, un cerveau qui communique et négocie avec les clients et les partenaires.

De plus en plus, dans le montage des partenariat entre différents intervenants internes et externes à l’entreprise, cet agent opérationnel est sollicité pour sa connaissance d’une difficulté précise à traiter.

Les segmentations de l’organisation selon Taylor et Fayol qui rigidifiaient les articulations entre direction, conception et exécution, entre production, stockage et commercialisation, laissent la place à de multiples modalités de coordination, de contractualisation, de management.

L’image de l’entreprise comme pyramide s’efface devant la nouvelle figure de l’entreprise comme mise en réseau de points d’interaction entre des individus. Processus, workflow, gestion de projet, documentation, annuaire : autant d’innovations qui coordonnent les intervenants selon des normes et des délais communs à un même espace.

Par le biais de la messagerie et des réseaux sociaux, les interactions professionnelles se retrouvent combinées avec les interactions sociales, amicales et familiales. Les sociologues ont décrit la superposition de la vie au travail et de la vie privée comme un "espace d’entrelacement".

Aussi, chacun se trouve simultanément impliqué dans des communautés qui ont différentes durées de vie. De longue durée sont les communautés de la famille, des amis, des anciens camarades d'école, des collègues professionnels. De plus courte durée sont les communautés de processus productif, les communautés d'affaires, les communautés d’expertise.

A coté des figures du réseau de points d’interactions et de la vie de la communauté, émerge également une nouvelle figure de l’individu comme i-réputation. Cette i-réputation est l’addition progressive de tous les effets produits par l’ensemble des images, messages et textes émis par un même individu. Cette i-réputation complexifie le temps et l’espace numérique.

Dans ce nouvel espace-temps numérique, la « ressource humaine » ne peut plus être « gérée » selon les méthodes classiques. Des injonctions du type « Pense et décide » ou « Exécute et tais-toi ! » deviennent ridicules.

En effet, toute tâche, toute mission, se présentent comme une situation complexe d’informations et de réputations à interpréter et à synthétiser. Tout agent, au plus bas niveau soit-il, doit prendre le temps de considérer cette situation par rapport à plusieurs référentiels, de formaliser une séquence opératoire, puis de la faire valider par les intervenants impliqués.

Les tâches répétitives étant pour l'essentiel automatisées, les emplois se concentrent dans les contacts avec les clients et les réponses à leurs besoins. La première ligne est bien placée pour sentir les besoins des clients. Mais il faut passer de la sensation à la synthèse avec la conception. En relais, le concepteur ne peut être efficace que s'il se sait écouté. L'entreprise ne pourra être innovante que si elle sait écouter ses agents.

Écouter quelqu'un en s'efforçant de comprendre ce qu'il dit, c'est le considérer. Pour pouvoir considérer le client avec les égards qu'il mérite, il faut au préalable que l'agent opérationnel ait lui-même été considéré.

Voyons dans un call center ce conseiller clientèle qui analyse le problème d’un client : si on lui impose un dialogue écrit à l’avance, ce dialogue ne correspondra pas à la réalité de la situation, alors le client s’énervera puis raccrochera. Nier l’autonomie et la qualité du jugement du conseiller clientèle aboutit à une déconsidération du client, qui à son tour déconsidère le service fourni, puis le produit associé à ce service.

A l’inverse, amorcer la considération induit de la considération en cascade. Bien considéré, un conseiller clientèle considère son client. A son tour, le client considère la valeur effective des services associés au produit

puis la qualité intrinsèque du produit lui-même. Le commerce des considérations est bon pour le commerce.

Une enquête récente révèle que les salariés français attendent de leur entreprise en premier lieu une visibilité sur ses projets et en second lieu de la considération pour leur travail et leur engagement. Mais aujourd’hui, nous sommes en face d’un paradoxe français.

Le contexte confirme la baisse continuelle des coûts des composants électroniques. Le raisonnement des dirigeants des entreprises françaises est d’automatiser, d’informatiser toutes les activités pour diminuer le nombre d’agents tout en augmentant les performances. Alors que le développement des interfaces entre l’humain et le numérique exige un véritable commerce des considérations, nos dirigeants s’effrayent de l’autonomie de jugement et d’action que devraient avoir les acteurs de la chaîne économique - clients, commerciaux, conseillers, concepteurs, producteurs, logisticiens, gestionnaires – et ils refusent d'amorcer la cascade du commerce des considérations

mercredi 10 octobre 2012

Des conseillers clients sans considération du client !


Résilier son abonnement téléphonique, c'est parfois très simple. Mais pour cette jeune Bordelaise, ce fut un véritable calvaire. Souhaitant quitter l'opérateur Bouygues Télécom avant le terme de son contrat, Solenne San Jose savait qu'elle devrait payer une certaine somme. Mais en découvrant le montant, la jeune femme «a failli avoir un arrêt cardiaque», explique-t-elle à Sud Ouest.

En effet, Bouygues Télécom lui demande la bagatelle de 11 721 000 000 000 000 € soit 11 milliards de millions d'euros

Une somme qui représente 5 872 fois le PIB de la France en 2011. Généreux, l'opérateur accepte un paiement en plusieurs fois.

Bien évidemment, la jeune femme a contacté le service clientèle de Bouygues Telecom pour leur suggérer qu'une erreur avait sans doute été commise. Mais les conseillers au bout du fil n'avaient visiblement pas le même avis. «Quand je leur expliquais que c'était forcément une erreur, ils me répondaient que ces montants étaient calculés automatiquement et que les prélèvements allaient commencer !», assure Solenne San Jose.

Elle a donc du faire opposition auprès de sa banque pour empêcher un premier prélèvement. Après plusieurs appels, le service clientèle de l'opérateur concède finalement que ce montant est probablement surévalué.

En réalité, pour quitter Bouygues Telecom, la jeune femme devrait payer 117,21€. Bouygues Telecom a expliqué qu'il ne s'agissait pas «d'une erreur de facturation, mais d'une erreur d'impression sur un courrier d'information». Pour réparer son erreur, l'opérateur téléphonique a finalement décidé de résilier le contrat de Solenne San Jose gratuitement...Lire l'article sur LeParisien.fr 

lundi 1 octobre 2012

Efficacité et économie du logiciel libre



Rapport sur le logiciel embarqué: "la France rassemble un potentiel de développeurs de logiciel libre remarquable"


Le rapport «Briques génériques du logiciel embarqué» a été remis il y a quelques jours au gouvernement par Dominique Potier, directeur recherche et technologie au sein du pôle de compétitivité Systematic. Ce rapport sur un secteur de 74.000 emplois directs (avec une croissance annuelle estimée à 11% entre 2008 et 2013) qui «irrigue de nombreuses filières industrielles» doit orienter les choix de l'appel à projets sur les technologies embarquées (les «investissements d'avenir» financés par le Grand emprunt).
Du logiciel au coeur du matériel
Photo de pizzodisevo, sous licence Creative Commons by-sa 
Le logiciel embarqué, composante numérique intégrée dans un matériel, est au coeur de l'innovation industrielle dans de multiples secteurs. Le rapport Potier donne de nombreuses indications sur le sujet, comme ces chiffres:
en moyenne, 1/3 du coût global d’un avion est aujourd’hui lié aux systèmes embarqués, dont 40% en développement de logiciels. Environ 20% du coût d’une automobile vient de la conception et de la réalisation des systèmes embarqués ; un véhicule peut regrouper aujourd’hui jusqu’à 70 ECU (Electronic Control Unit); le système embarqué a également un effet de levier important : le succès commercial d’une automobile dépend de plus en plus de la qualité des systèmes embarqués et de l’offre de services à l’utilisateur.
Enfin, la part du logiciel embarqué dans le développement de nouveaux produits et systèmes de distribution et de gestion d’énergie dépasse les 15%. En avril, le Syntec informatique prévoyait que le logiciel embarqué, après une croissance de 2% en 2009, monterait à +3% cette année.
La mission a consulté six pôles de compétitivité concernés: Aerospace Valley, Images & Réseaux, Minalogic, Systèmes de Communications Sécurisés (SCS), Systematic et Transactions Électroniques Sécurisées (TES). Rappelons que le pôle francilien Systematic comprend un groupe thématique logiciel libre (GTLL). 21 projets de R&D, labellisés par le GTLL, ont déjà été financés pour un coût total de plus de 56,1 M€.
"Un enjeu de masse critique"
Le rapport Potier donne un coup de projecteur sur l'importance du Libre pour les logiciels embarqués (page 23):
«En matière de logiciel libre, ses enjeux généraux valent également pour l’embarqué. En l’absence d’éditeur pour une classe de briques donnée, le recours au logiciel libre peut constituer un moyen de faciliter les collaborations structurantes, les transferts de technologie ou la mise en oeuvre de standards ouverts :
- Dans la mesure où les licences libres sont des contrats type bien déterminés, ils facilitent la négociation contractuelle et assurent la sécurité juridique des parties en présence;
- L’accès aux sources permet de faciliter la rétro-ingénierie, la certification, l’ajout de tests et de fonctionnalités;
- Il assure des droits équilibrés aux différents contributeurs.
Comme confirmé par de nombreuses études, la France rassemble un potentiel de développeurs de logiciel libre remarquable. La structuration de ce potentiel est également un enjeu de masse critique.
En effet, davantage encore que pour le domaine général des technologies de l’information, la pérennité des composants logiciel libre pour l’embarqué est essentielle. Elle ne peut être assurée sans l’existence d’organisations structurées de développement et de diffusion du logiciel libre, qu’elles soient commerciales ou « non-profit », ayant une ambition de leadership européen.»
Parmi les entretiens menés par la mission, les rapporteurs ont rencontréRoberto Di Cosmo (vice-président du GTLL de Systematic, directeur de l'Initiative de Recherche et Innovation sur le Logiciel Libre (Irill), et coauteur d'un livre de référence sur Microsoft, "Le hold-up planétaire").
Le rapport souligne l'importance du logiciel embarqué, «une technologie largement diffusante, de façon croissance, dans la majorité des secteurs impactés par les usages, services et contenus numériques innovants».
Les propositions du rapport «doivent s’articuler étroitement avec les actions menées vers les autres thématiques prioritaires d’intervention du Fonds pour la Société Numérique tels que le réseau électrique intelligent (smart grid), l’E-santé, la sécurité et la résilience des réseaux, les systèmes de transport intelligents et la ville numérique».
Huit technologies prioritaires
Le rapport propose de focaliser les ressources sur huit technologies prioritaires:
1. Conception orientée modèles de systèmes et logiciels embarqués.
2. Vérification et certification de la sûreté de fonctionnement et de la sécurité informatique de systèmes embarqués.
3. Virtualisation et parallélisation pour calculateurs embarquées Multi / Many Core.
4. Architectures réparties, middleware et réseaux embarqués.
5. Plates-formes logicielles embarquées de service.
6. IHM et interfaces hommes-systèmes pour systèmes embarqués.
7. Bibliothèque génériques pour le traitement (signal, image, contrôle...) embarqué.
8. Gestion de l’énergie embarquée.
Le rapport estime que le montant des aides à mobiliser sur les appels à projets «logiciel embarqué» est de 150 millions d'euros, générant un effort global de 500 millions d'euros sur les trois prochaines années, dont 350 millions apportés par les acteurs privés et publics.
La mission de réalisation de ce rapport avait été confiée fin juin à Dominique Potier par le ministre de l'Industrie, Christian Estrosi, par la secrétaire d'Etat chargée de la Prospective et du Développement de l'économie numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, et le commissaire général à l'investissement, René Ricol.

Aléas de la coopération sur le Web


Le plan de Google pour hacker l'iPhone


Apple, dans la dernière mouture de son iOS, dégage Google de deux manières : plus d'application vidéo YouTube, plus de Maps. Objectif : redevenir maitre chez soi, ne plus laisser cet inopportun développeur d'Android trainer parmi les deux applications les plus utilisées de l'iPhone et lui apporter de l'audience.

Sur le papier, ça se tient : Apple reprend la main comme à son habitude et développe une solution maison dont il va pouvoir maitrise l'expérience utilisateur. Si Apple développe son "Plans" c'est qu'il veut pouvoir y intégrer Siri, avoir une vue 3D, un guidage GPS, et surtout une application qui soit au même niveau qu'Android.

Et c'est en fait exactement ce que voulais Google.

En se faisant sortir des applications officielles de l'iPhone, Apple reprend la main mais redonne sa liberté à un concurrent notable, qui développe une stratégie implacable pour "hacker" iOS :

Acte 1 : développement tout azimut d'applications pour iOS. Google, qui ne jurait que par le HTML5, se met à l'Objective C et sort Drive, Google+...

Acte 2 : arrivée de Chrome sur iOS, concurrent direct de Safari. Pour la première fois, il va être possible de contourner Apple et ses limitations : en effet, c'est désormais Chrome (si vous l'avez installé) qui sera ouvert par défaut par les autres applications Google iOS.

Acte 3 : Google structure un app-store digne de ce nom regroupant jeux, livres, applications. Google Play est né.

Acte 4 : Google fait exprès de ne plus mettre à niveau son application Maps pour iOS, les nouveautés étant réservées à Android, et traine les pieds pour répondre aux besoins d'Apple. Alors que le contrat n'est pas arrivé à son terme, Apple rompt avec Google.

Acte 5 : YouTube viré de la plateforme iOS par défaut, Google sort immédiatement une application YouTube beaucoup plus riche que celle d'Apple. Celle-ci devrait s'ouvrir si elle est appelée depuis un produit Google (même cas que Chrome).

Acte 6 : Maps. Google est devant un dilemne : sortir, tout comme YouTube, une application concurrente, ou justement ne rien faire, laisser Apple s'embourber et réserver ses cartes uniquement pour Android. Je pense que la deuxième voie a de fortes chances de voir le jour. Pourquoi être un énième outil de cartographie non appelé par défaut par iOS si l'outil peut-être beaucoup plus performant ailleurs, sur sa propre plateforme ? Certes, il y aura des pertes d'audience. Mais elles pourront être compensées partant du principe que leur service de cartographie est solidement implanté.

De plus, dans le cas de YouTube et de Maps, la monétisation de ces services devient possible ce qui n'était pas le cas tant qu'ils étaient par défaut les outils d'Apple.

En clair, Google a tout intérêt à ne plus être le partenaire d'Apple maintenant qu'Android est bien implanté, ce qui leur laisse le choix de "coloniser" iOS en prenant la Pomme à revers sur le terrain des apps et ainsi hacker le système de l'iPhone et de l'iPad. Car, une fois que vous aurez gouté à l'expérience Android sur iOS, pourquoi ne pas switcher ?


Repris de http://www.zdnet.fr/blogs/one-more-thing/maps-revelateur-du-talon-d-achille-d-apple-39783061.htm#xtor=EPR-100


Expert en innovation et nouveaux médias, notamment sociaux, Damien Douani explore le high tech, le marketing et les usages depuis plus de 13 ans d'Orange à blueKiwi. Early adopter et "Geek" assumé, blogueur, conférencier, il a créé FaDa social agency pour accompagner les marques et les entreprises dans les mutations digitales.